2010/08/22

Mon 60e show À VIE!!


Ça y est ! Le cap des 60 shows a été franchi le vendredi 20 août 2010 avec comme tête d'affiche: Green Day !

Laissez-moi vous raconter cette histoire. Le tout a commencé au printemps. J'avais lu quelque part sur le Web que Green Day serait de passage à l'agora du Vieux-Port de Québec. Cet endroit est mythique de par sa position géographique, ainsi que par l'énergie qui l'entoure, celle du Vieux-Québec.

J'ai eu la chance d'avoir des billets, alors l'aventure venait de commencer.

Depuis quelques années, je n'ai plus toujours la possibilité d'aller voir tous les spectacles que j'aimerais. Parfois c'est l'entourage pour m'accompagner qui manque, d'autres fois la santé ou durant les années dernières, des ennuis mécaniques sur mon véhicule. Bref, les étoiles sont rarement alignées pour faire de ces sorties, des réussites.

Quand j'ai acheté les billets de Green Day, j'avais en tête une personne avec qui j'aimerais faire cette sortie, mais je n'étais pas certain si ces disponibilités correspondaient avec mon projet culturel... J'attendis un peu avant de lui en parler. Je me disais qu'il ne serait jamais trop tard pour revendre ces billets en or.

L'été arriva et je n'avais toujours rien demandé, ni organisé. Un soir de juillet, j'ai invité Marie-Josée à souper au centre-ville. Le moment était propice, car nous étions dans le temps de son anniversaire, et je voulais faire quelque chose de spécial pour elle. Marie-Josée travaille avec moi depuis trois ans. Quand je suis mal pris et qu'elle est disponible (même en pleine nuit) je sais que je peux compter sur elle. À part lui verser une mince contribution financière, je ne sais jamais trop comment lui démontrer ma gratitude.

En 2008, je l'avais invité voir Airbourne au Théâtre Impérial de Québec. L'année suivante c'était au tour de son groupe préféré Rise Against de la recevoir à l'agora. Elle rayonnait de bonheur à tous les coups ! Ses moments les plus difficiles étaient loin derrière lorsqu'on sortait des shows. Les miens aussi d'ailleurs. Une belle complicité nous habite depuis toujours et c'est de cette façon que nous nous faisons du bien.

Attablé au restaurant du centre-ville, je lui lance en plein visage :

- J'ai besoin de toi le 20 août pour aller à Québec. Nous partons le vendredi et nous revenons le samedi. Crois-tu que tu peux organiser ton horaire en conséquence ?

Étonnée elle me répond qu'elle regarderait ça sérieusement.

Je lui ai alors dit:

- Je n'ai pas encore réservé la chambre d'hôtel. Si tu me dis que ça ne fonctionne pas, aucun problème, mais j'aimerais le savoir le plus tôt possible.

Le lendemain c'était réglé. Feu vert pour un voyage à l'aventure !

J'ai alors pris d'assaut Internet pour demander à gauche et à droite des propositions d'hôtel à proximité de l'agora. J'ai reçu des dizaines de suggestions d'endroit où coucher partout dans la ville de Québec. Le choix était présent alors il fallait sélectionner le bon hôtel pouvant correspondre à mes besoins particuliers.

J'ai donc contacté quelques établissements avec les questions habituelles:

«Bonjour,

j'aimerais savoir si votre hôtel à un accès pour les fauteuils roulants ?

Si oui, avez-vous des chambres adaptées pour les personnes handicapées ?

Merci beaucoup de votre collaboration.

Alain»

Je me méfie souvent des réponses, car la définition des mots « accessible » et « adapté » n'est pas la même pour une personne debout et une personne en fauteuil rouillant... J'ai eu confiance aux réponses du personnel de l'hôtel Port-Royal, 144, rue Saint-Pierre, Québec. La simplicité et l'efficacité de leurs explications m'ont convaincu que c'était ma place.

J'ai alors réservé une suite (malheureusement pour une seule nuit, moyens financiers et personnels accompagnant manquants) pour nous donner la chance de fêter un peu après le spectacle, au lieu de faire 1 h 30 de route en pleine nuit.

J'avais vraiment hâte de voir à quoi ressemblerait cette chambre. J'ai rarement l'occasion de découcher vu ma condition. Ces dernières années, mon ami Denis m'a invité à quelques reprises dans sa loge des Sénateurs d'Ottawa, me forçant ainsi à quitter mon petit nid blindé pour quelques nuits... C'est beaucoup d'organisations, mais ça fait aussi beaucoup de bien de voyager (ne serait-ce qu'à quelques heures de route) pour briser la routine et voir du pays.

Pour en revenir au projet Green Day, je regardais la météo à long terme tous les jours depuis le début du mois d'août. Les gens n'ont pas le réflexe de vérifier si les conditions météorologiques sont favorables ou pas pour organiser leurs sorties. Dans mon cas, la pluie et les composantes électroniques de mon fauteuil rouillant ne font pas bon ménage... Je dois donc prévoir en conséquence des précipitations qui peuvent potentiellement nous tomber dessus. Deux jours avant l'événement, certains médias annonçaient jusqu'à 80 % les probabilités d'averses sur la Vieille Capitale. Je commençais à être anxieux. À tort ! C'était frais, mais aucune trace de pluie n'est venue gâcher la soirée. Yéééééééééé !

Pour le trajet en direction de Québec, mon camion nous a foutu la trouille en nous indiquant que le moteur surchauffait ! Heureusement, nous nous sommes garés quelques instants sur le bord de l'autoroute puis tout est redevenu dans l'ordre. Je me demandais à tout bout de champ : « Si le moteur me lâche, comment vais-je retourner à la maison ? Je ne peux me transférer dans une autre voiture due au fait que mon corps n'a pas de tonus pour se tenir. Ahhhh ! » Puis je me suis rappelé une phrase que je répète souvent aux gens : « Alain, est-ce que tu peux en mourir ? Si la réponse est non, il n'y a pas de problème. »

Avec presque deux heures de retard, nous sommes arrivés dans le stationnement de l'hôtel. Un fantastique bâtiment historique qui a probablement vu passer quelques centaines de saisons. En ouvrant la porte de la suite, j'étais estomaqué. C'était littéralement un loft avec une cuisinette, un salon et un lit grand comme un nuage. Les murs de briques anciennes mélangées à une décoration style moderne. De toute beauté ! Je voulais y passer le reste de ma vie.

Trêve d'extase et de contemplation. Le spectacle débutait à 19 h... Nous n'avions pas encore soupé et la route nous avait occasionné un stress que l'on aurait pu se passer. On a avalé une bouchée et hop, en direction de l'agora à deux minutes à pied !

Rendu sur place, j'étais à la recherche de la meilleure place possible. C'était admission générale donc les gens pouvaient s'installer où bon leur sembleraient... À l'agora du Vieux-Port, les architectes qui l'ont reconstruit il y a quelques années seulement, ont eu la brillante idée d'inclure plusieurs endroits pour les personnes en fauteuil rouillant dans les sections arrières. Pour écouter un spectacle de musique classique, c'est génial puisque nous sommes à la même hauteur que l'accompagnant. Un peu comme au cinéma, nous sommes intégrés dans la rangée et nous ne nuisons pas à la circulation. Le problème se complique proportionnellement à la popularité mondiale du groupe s'exécutant sur scène. Le « vieil » agora était vraiment mieux adapté avec une section surélevée à l'arrière des bancs du fond. Comment ont-ils pu « scraper » nos emplacements impunément ?

À la première note de guitare, la foule s'est instantanément levée debout pour acclamer les héros de la soirée. J'ai essayé du mieux que j'ai pu de me tenir sur mes deux pieds, mais en vain... Je suis donc parti à la recherche d'un meilleur spot pour en avoir aussi pour mon argent. Habituellement, les gardiens de sécurité interdisent aux spectateurs de rester dans les escaliers. Le cas échéant, ça me laisse un couloir de visibilité respectable lorsque je me tiens dans le haut de cet escalier. Cette fois-ci, rien n'a été fait pour favoriser mon champ de vision. Je me suis même fait avertir de ne pas rester où j'étais par un individu qui tenait à coeur son travail d'agent de la paix.

Partout où je rencontrais des agents ou autres personnels salariés, je leur disais que je ne voyais rien. Impuissants, ils haussaient les épaules ne sachant quoi répondre à mes doléances... Je déteste quand les promoteurs de spectacle se foutent de ma gueule. J'ai payé le même prix que les milliers de personnes sur place, mais je n'avais que l'audio.

Après quelques recherches, Marie-Josée me fait signe qu'il y a un endroit derrière la console de son qui pourrait m'intéresser. Nous étions directement en face du stage. La barrière de sécurité me cachait la vue, mais c'était tout de même la meilleure place dans les circonstances.

J'ai alors pu profiter de la soirée et ainsi que décompresser de tous les inconvénients mécaniques de la journée. Je connais ce groupe depuis plus de 15 ans. Je connais presque entièrement tout leur catalogue musical. J'étais aux anges. Aux anges du rock 'n' roll ! Les chansons défilaient au rythme de mes souvenirs. Les émotions planaient au rythme de la musique. Symbiose. Adrénaline. Bonheur. Que dire de plus ? L'essence même de ma raison de vivre.

Côté organisationnel, ce n'était pas encore terminé pour moi. Avant même de partir, j'avais pris le soin de trouver une solution au problème du transfert au lit. Chez moi dans mon environnement, on ne se pose pas la question. Un lift fixé au plafond de ma chambre me soulève quotidiennement et me transporte sécuritairement en passant par le lit et le bain. À l'hôtel, aucune possibilité d'utiliser ce genre d'équipement. Il fallait trouver une deuxième personne pour me transférer. J'avais fait quelques recherches d'agence de soins à domicile, d'autres n'avaient donné en référence des préposés de Québec pouvant me dépanner. Plus je parlais de cette situation, plus je recevais d'offres de gens me disant qu'ils viendraient, eux-mêmes, m'aider après le spectacle. C'est donc Dominique Dumas (animateur radio à Québec800 et à Radio Pirate) qui est venu nous rejoindre, Marie-Josée et moi ! C'était extrêmement gentil de sa part de venir nous aider à me transférer dans mon nuage au mur de briques historiques qui a vu passer des centaines de saisons.

Après quelques bonnes nuits de repos à la maison, je pourrai dire que je suis prêt pour le 61e. ;)

Un autre gros merci à Marie-Josée pour sa complicité légendaire et son audace de partir à l'aventure avec une personne aussi hypothéquée physiquement. Je te souhaite sincèrement tout le bonheur que tu mérites.

Un très gentil couple rencontré après le show, moi, Dominique
et Marie-Josée dans un parc à passer du bon temps.








2 commentaires:

  1. Bonsoir Alain,
    C'est une très belle histoire et je pense que ta débrouillardise et son craquant sourire viennent à bout de toutes les difficultés.

    Te lire m'empêche de penser à mes petites misères. Merci et un autre Merci pour ton passage et tes doux mots sur mon blog.
    Tendresse et becs chinois.

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  2. Awwe merci Grimimi Sue c'est très gentil de laisser un commentaire !

    Courage il ne faut pas lâcher ! xx

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Ma définition d'un p'tit ange:

Personne unique doté d'un sens de l'altruisme développé, de l'honnêteté et du respect de soi depuis plusieurs années. N'est pas p'tit ange qui veut. Les candidatures peuvent défiler sans avoir nécessairement l'esprit du p'tit ange. Cette philosophie n'est pas uniquement de donner du temps et de l'aide instantanément à quelqu'un qui a besoin, mais plutôt une manière de participer activement, un certain temps, au mieux-être d'une personne.

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