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2016/03/23

UberAssist : la solution aux taxis adaptés ?

Le géant mondial UBER prend le virage de l’aide aux personnes handicapées. UberAssist sera bientôt disponible à Ottawa, un mois après Toronto, le tout au même tarif que les clients réguliers de UBER. Enfin de l’équité !




J’ai récemment eu besoin de me rendre à l’hôpital pour un rendez-vous d’urgence. J’ai contacté les deux compagnies de taxis locales pour m'y rendre, et ils m’ont tous informé qu’il y avait dorénavant une surcharge sur le prix de la course pour un trajet de courtes distances. C'est totalement illégal. Une compagnie demande 15 $ pour une course peu importe la destination à proximité (après 15 $, c’est le montant du taximètre régulier). L’autre transporteur : 10 $ de plus que le taximètre indique vraiment. Une autre belle forme d’extorsion qui brime des gens à faible revenu. Tout ça à cause d’une réglementation trop lourde et mésadaptée à la réalité du quotidien des personnes handicapées.

Le ministère des Transports oblige les taxis adaptés au Québec à avoir une personne en fauteuil roulant à bord pour fonctionner en toute légalité. C’est la règle. La demande en soirée n’étant pas suffisante à Trois-Rivières (comme dans bien d’autres régions, j’imagine), aucun/e chauffeur/euse n’a les moyens d’attendre l’appel (et avec raison) des quelques clients handicapés qui sortent pour aller travailler ou aux restaurants, dans les festivals, au centre-ville, chez des amis. Donc, aucun service de soir (ni les week-ends d’ailleurs) pour nous.

Il y a le service de transport adapté de la Société de Transport de Trois-Rivières (STTR), me direz-vous? Avec réservation 48 heures ouvrable, oui, pas évident à planifier une sortie de dernière minute, mais bon. Exemple : En participant à un concours radio, tu gagnes une paire de billets à 13h et le spectacle est le soir même. Bonne chance mon grand ! Et pour une sortie le mardi, il faut réserver le transport le vendredi précédent (en espérant que ce ne soit pas un vendredi férié).

Avec UBER, le chauffeur peut faire des courses avec les clients ambulants normalement toute la journée/soirée/nuit. Si un client en fauteuil roulant demande un transport de dernière minute, il pourra plus facilement répondre à son besoin, puisqu’il est déjà sur la route. C’est le complément parfait à un système qui est imparfait.

La réglementation gouvernementale brime nos droits


Cette réglementation désuète brime volontairement nos droits, et les taxis ne semblent pas trop vouloir que ça change. La loi du marché va gagner. Vous savez, quand les handicapés dénoncent des injustices flagrantes et que le gouvernement ne réagit pas? Alors si UBER est banni au Québec, on saura quelles priorités nos élus ont : le pouvoir, les monopoles et l’argent.


Tout au long de ma perte d’autonomie, je n’ai eu d’autre choix que de m’adapter à ce que je n’avais plus la force de contrôler. L’industrie du taxi n’a d’autre option que d’embarquer dans le wagon d’acceptation, ou nous isoler encore plus de l’époque où nous vivons tous (du moins, pour la plupart).



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2015/11/14

Discussion [fictive] entre mon ami syrien et moi.

Moi - Je comprends la menace que tu vis.

Ami syrien - Je ne crois pas que tu puisses comprendre que l'ennemi m'a chassé de chez moi.

Moi - Moi aussi j'ai un ennemi qui veut me faire beaucoup de mal. Sournoisement, mon ennemi me paralyse un membre à la fois. À tous les jours, il écrase mes membres tellement forts que je ne peux plus bouger. Parfois la nuit, il tente même de m'étouffer dans mon sommeil. D'autres fois, il coince de la nourriture dans ma gorge pour me faire mourir. Je comprends parfaitement les motifs pourquoi tu fuis.

Ami syrien - Oui mais ma vie est en danger !

Moi - La mienne aussi. Mais j'ai choisi de me battre contre mon ennemi pour rester chez moi. Et le meilleur moyen que j'ai trouvé pour gagner la bataille, est de m'entourer d'amis forts et puissants. Est-ce que tu préfères recommencer ta vie à zéro ailleurs, ou renforcer la fondation de ta maison et y être en sécurité ?


Photo : James Gordon Syrian Beehive Home


Ami syrien - On dit tellement de bien de votre pays.

Moi - Moi aussi j'ai entendu dire que nous étions bien traités dans les CHSLD, pourtant…

Ami syrien - Alors, que me conseilles-tu ?

Moi - La seule solution est de se battre. De s'unir, de s'encourager et de péter la gueule à l'ennemi ! C'est la seule façon dont j'ai réussi à tenir tête face à l'adversité. Avec le peu de ressources que j'ai. Je suis la preuve vivante qu'on peut faire beaucoup avec les moyens du bord.

Ami syrien - Merci Alain pour ces précieux conseils. Qu'est-ce que je peux faire pour te remercier ?

Moi - As-tu une fille adulte célibataire dont tu n'as pas encore promis la main ?

Ami syrien - Hahaha crisse de malade !!



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2015/08/25

Casse-tête collégial

Lettre d'opinion parue dans Le Nouvelliste du 21 août 2015 

Je suis un fier employeur qui prône la conciliation études/travail. Je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour accommoder mes employé/es tout au long de leur parcours collégial et universitaire. Tout pour leur permettre d'acquérir une expérience professionnelle concrète dans le monde du travail, en plus de contribuer financièrement à leurs frais de scolarité. En échange, ils assurent la pérennité de mon maintien à domicile et de ma qualité de vie. Le match parfait, quoi!

Par contre, à chaque début de session collégiale, c'est la même histoire qui recommence pour moi, ainsi que pour des milliers d'employeurs québécois. Le cauchemar des horaires des étudiants. Le réseau collégial (contrairement aux universités) donne les grilles de cours à la dernière minute du début des classes, créant ainsi un casse-tête pour nos plannings de travail.


Il serait préférable pour tous de respecter le choix des étudiants de travailler au rythme de leurs capacités, et de favoriser leurs chances d'embauche auprès des entreprises québécoises. Parce que d'autres patrons, moins portés sur les puzzles, pourraient se faciliter la tâche en sélectionnant uniquement des candidats qui n'ont pas les mots «cégep en cours» inscrits sur leur CV.




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2015/01/27

Gouvernements, ne nous laissez pas mourir !

Dans mon dernier article, je vous démontrais l'importance de la participation de notre milieunaturel de vie (aidant naturel, famille et/ou nos propres intervenantshabituels) pour prendre soin de nous lorsque nous sommes hospitalisés. Les employés du réseau de la santé du Québec sont débordés et en manque d'effectifs pour être en mesure de bien prendre soin des personnes lourdement handicapées.

Lors de mon passage à l'urgence en avril 2013, je me suis fait « gronder » par le sosie musclé de Caillou en pleine nuit parce que je sonnais, car j'avais du mal. Comme si j'avais 4 ans et que je prenais plaisir à déranger ces travailleurs parfois maladroits ou incapables de suivre mes consignes pour qu'ils n'aient plus besoin de revenir à ma civière dure comme la pierre... Un autre jour, une infirmière refusait catégoriquement que j'utilise un lève patient pour faire mes besoins. « Ça donne trop d'ouvrage à nettoyer avant qu'il entre dans ta chambre et après que tu l'aies utilisé. » J'avais beau lui expliquer que la bassine me ferait mal au bas du dos, elle n'en avait rien à cirer. Bref, la collaboration avec le personnel en place n'est pas toujours chose facile. Ils sont parfois mal formés pour faire face à une clientèle handicapée aussi spécialisée.

Pour la prise des médicaments, température et autres gestes médicaux, les infirmières et inhalothérapeutes étaient présentes. Une visite éclair dans la chambre aux quatre heures. C'est tout ce que j'avais pour guérir avec notre système de santé. Heureusement, au travers tout ça, je pouvais compter sur mes employées régulières à domicile, mes p'tits anges. Elles me faisaient des pressions abdominales. Un truc que la vie m'a appris ces dernières années. Ça ressemble beaucoup à la manœuvre de Heimlich, mais en moins agressive. C'est une méthode de désobstruction des voies respiratoires que l'on apprend généralement lors des techniques de réanimation cardio-respiratoire (RCR). Couché sur le côté, la personne aidante place ses mains juste en dessous de la cage thoracique et avec une pression modérée sur le diaphragme, renforce le mouvement naturel de la toux. Si la personne enrouée se sent capable, l'augmentation de la pression sur le ventre facilite la sortie des sécrétions.

Après la toilette au lit: des pressions. Après le dîner et avant le souper: encore des pressions. En soirée, au lieu de la télé-réalité : toujours des pressions. L'instinct de survie j'imagine... Cette technique n'est pas sans solliciter l'effort constant des personnes qui s'affairent à faire sortir les dragons enfouis au fond de mes poumons. Mais avec leur complicité, j'ai pu réussir à expectorer plus facilement et ainsi me remettre sur pied plus rapidement. Je leur en serai toujours très reconnaissant. Merci encore les filles ! Vous êtes les meilleures !

Lorsqu'un aliment ou de la salive se faufile en hypocrite dans les voies respiratoires, un système de sécurité se met alors en branle. La toux commence. Au début, c'est une toux sèche, souvent inefficace. La pression émise par les poumons d'une personne handicapée n'est généralement pas suffisante pour expulser l'intrus. Après quelques minutes seulement, on peut sentir les sécrétions rouler dans la gorge. Habituellement, c'est suffisant pour faire bouger ce qu'il y a de coincé. Si ça ne fonctionne pas, il y a risque d'infection et ultimement, c'est la pneumonie d'aspiration. C'est souvent ce qui emporte les personnes handicapées qui ont de la difficulté à s'exprimer, ou qui ne comprennent pas ce qui se passe. Parfois, c'est la panique. Ils se sentent étouffés et ne savent pas quoi faire pour se soulager.

À force de vivre ces sentiments d'angoisse et d'impuissance, j'ai cherché des solutions. J'ai essayé différents équipements sur le marché médical pour en venir à cette méthode de pressions abdominales. Mais la clé de cette méthode restera toujours la présence humaine à proximité.

La chance que j'ai eue d'avoir mon propre personnel avec moi à l'hôpital m'a littéralement sauvé la vie. Lorsqu'on est atteint de plusieurs symptômes grippaux, il est conseillé de boire beaucoup d'eau. Au rythme où les infirmières et autres passaient me voir, il était presque impossible de m'approcher du deux litres de liquide à consommer quotidiennement pour éclaircir des sécrétions prisonnières de la cage thoracique.

Un bon après-midi, j'étais au lit, isolé dans ma chambre peu hospitalière. J'avais les yeux pleins d'eau en pensant à des amis que j'avais connus dans une résidence pour personnes handicapées. La majorité rencontrait souvent des difficultés respiratoires ou de pneumonie d'aspiration. J'étais déchiré entre l'espoir que je vivais de m'en sortir, versus la fatalité qui les a emportés. La majorité était atteint de paralysie cérébrale. La communication était quelque chose de très difficile pour eux. Ceux qui les côtoyaient sur une base régulière, arrivaient à les comprendre, mais pour un membre du personnel soignant de l'hôpital, c'était autre chose. Je m'imaginais la détresse respiratoire et l'incapacité d'exprimer clairement ses besoins. Ou encore pire, être à court d'idées pour se sortir de ce merdier. Se demandant qu'est-il en train de m'arriver ? Pourquoi personne ne m'aide ? Pourquoi ont-ils dit en catimini à ma famille qu'il ne me restait que quelques jours à vivre ? Pourquoi personne ne veut se battre avec moi ? Comment pourrais-je leur dire que je veux vivre et voir le soleil encore et encore ? Toutes ces questions sans réponse m'ont grandement attristé.

Photo : Joshua Zader

Si le gouvernement n'est pas capable de nous sauver la vie, de prendre en charge le rôle que la société lui a donné, s'il n'a pas de système précis et spécifique en place pour nous éloigner de la mort, qui le fera ? Et si ma technique de pression abdominale pouvait prolonger concrètement la vie d'une catégorie de personne ?

Article originalement publié dans le web magazine Handicap-Québec.




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2015/01/14

Quand le système nous laisse tomber

Premièrement, j'aimerais remercier Richard Guillemette de m'avoir invité à participer au web-magazine Handicap-Québec qui, espérons-le, saura toucher les personnes plus ou moins familières avec le quotidien des personnes handicapées physiquement. Richard et moi nous ne partageons pas toujours la même opinion idéologique et politique, mais je salue cette initiative bénévole de toutes parts, prouvant ainsi que l'on peut faire de belles et bonnes choses sans argent des gouvernements.

Comme premier article, j'aimerais vous partager mon dernier passage en centre hospitalier pour guérir une infection pulmonaire. Un événement qui m'a fait questionner sur les capacités du système de santé gouvernementale actuelle (nous sommes en 2012), à apporter les soins nécessaires et l'aide dont elle a besoin, à une personne physiquement handicapée. Est-ce que les hôpitaux laissent mourir les patients les plus vulnérables faute de ressources, ou est-ce une stratégie pour alléger le fardeau fiscal d'une population improductive ?

Est-ce que dans la façon dont je m'en suis sorti cette fois-ci, ne serait-il pas une façon d'envisager l'avenir, d'essayer d'augmenter le plus possible les chances d'un patient hospitalisé pour des difficultés respiratoires de s'en sortir ? De pouvoir contribuer à la société au meilleur de sa capacité ? De rester bien en vie, entouré des gens qu'il aime ? Évidemment, tout cela dans le respect du choix de la personne qui est atteinte. Si un individu a des difficultés personnelles lié à un son handicap ou à sa condition physique précaire, il est primordial que son choix de vie soit respecté. Choix de vie, incluant le choix de fin de vie.

À chaque fois où j'ai dû être hospitalisé ou alité pour des raisons de santé ces dernières années, j'ai toujours inclus activement mon cercle d'aidants naturel, mais aussi mon personnel à mon processus de guérison. Personnel que j'appelle si gentiment « mes p'tits anges ». De cette façon, je m'assure d'avoir des soins corporels donnés par des gens qui me connaissent et qui savent quelle partie de mon corps peut-être plus fragile ou vulnérable. Des gens disponibles puisque si ma condition physique était bonne, il se serait déplacé d'une façon ou d'une autre pour me venir en aide. De plus, aucune interruption salariale ne viendra chambarder le budget de ces précieux aidants qui travaillent bien souvent dans des conditions de pauvreté injustifiable.

C'est du personnel présent que nous avons besoin lorsque nous combattons la maladie. Sans vouloir juger les infirmières, les préposés et les inhalothérapeutes de ce monde, le temps alloué à chaque patient d'un département quelconque est nettement insuffisant lorsqu'il est question de manque d'autonomie. Au déjeuner, le personnel hospitalier nous réveille rapidement, ne nous donne pas suffisamment de temps pour mastiquer nos toasts froides. Dans mon cas, j'ai besoin de temps pour avaler sans risque de m'étouffer. C'est là que mon personnel angélique prend tout l'espace disponible. Nous avions suffisamment de temps pour bien déjeuner. Ensuite vient l'hygiène personnelle. Mon « staff » connaît les particularités de mon corps difforme, connaît la quantité de savon nécessaire pour réaliser un bain au lit.

En moyenne, un séjour à l'hôpital pour guérir une pneumonie ou une bronchite se situe entre 10 et 14 jours. Ma dernière visite à l'hôpital a duré 6 jours. J'estime avec fierté que les efforts et le temps supplémentaire que mes p'tits anges m'ont alloué m'a encore une fois sauvé la vie ! Que je suis tellement fier d'eux !

Parlant de bain. Je n'ai aucun souvenir durant les 15 dernières années (soit environ une cinquantaine de jours) d'avoir pris un bain lors d'une hospitalisation. La moyenne n'est pas forte comme vous pouvez le constater. Heureusement que les ministres de la Santé qui se sont succédé au fil des années affirment que notre système en est un parmi les plus efficaces. Si au moins nous avions une oreille attentive lorsqu'on exprime nos besoins. Ce serait beaucoup plus facile pour tout le monde.

Auparavant, c'était le personnel en place qui m'aidait. C'était évident qu'ils n'avaient pas le temps de respecter mon rythme. Pour m'aider à me retourner la nuit chez moi, j'ai un lève patient sur rail au plafond. C'est la clé de mon succès, le secret de la réussite de mon maintien à domicile. Il me permet de bouger un peu la nuit. Avec le nombre d'heures allouées par le CLSC (inutilement rebaptisé CSSS), il est impossible d'avoir une personne salariée de nuit qui veille au grain comme une Bonne Mère sur son nouveau-né. Alors, j'ai développé instinctivement ce truc suspendu au plafond qui me sert généralement pour mes transferts au fauteuil roulant, à la toilette, au bain... Il existe un autre modèle (celui qu'on retrouve généralement dans les hôpitaux). Comme une grue portative avec 4 roulettes.

Il y a une dizaine d'années, lors d'une hospitalisation pour une pneumonie, j'ai fait la demande d'un lève patient sur roues à l'infirmière en chef. Quel combat ce fut. Une infirmière en chef malheureuse, stressée et probablement très mal dans sa peau s'était mis dans la tête que je n'aurais pas le lève patient en question. Son argument premier était qu'il n'y en avait qu'un seul sur tout l'étage. J'avais beau lui dire que les gens dorment la nuit, que j'assumais le fait qu'un préposé ou une infirmière vienne le chercher à toute heure de la nuit, qu'il était impossible que je passe par-dessus les ridelles (barreaux du lit), que je ne risquais de m'infliger aucune blessure durant son utilisation, que l'appareil peut être fonctionnel même s'il est branché et utilisé en même temps... À court d'arguments valables, elle a donc contacté un administrateur qui est venu me voir et qui a immédiatement compris et accepté qu'il eût à faire à une personne consciente et capable de bon jugement. Par cette entente, nous évitions tous que je sonne frénétiquement toute la nuit pour me faire positionner les pieds, le bassin et les épaules confortablement, sans être médicamenté inutilement.


Dans mon prochain article, je vous raconte comment je me suis sorti vivant de mon passage en centre hospitalier. Comment mon personnel angélique a réussi encore une fois à me sauver la vie. Comment le système aurait à apprendre de cette expérience.  




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2014/12/12

RIP Yvan Tremblay, au nom du socialisme liberticide


Cet article est aussi publié dans le >> magazine du Mouvement Citoyen Handicap-Québec <<

Yvan Tremblay s'est récemment enlevé la vie (article ici). Je ne connaissais pas le type. Pourtant, j'ai l'impression de me voir au travers les lignes de cette triste histoire de désespoir extrême. Il vivait depuis bientôt 10 ans dans son appartement bien adapté à sa condition. Il était paralysé du cou aux pieds. Sa famille avait réussi à lui inventer des gadgets qui l'ont rapproché d'une certaine autonomie.

Depuis plusieurs mois, il était contraint de quitter son logement adapté du Domaine Vittie & Desjardins en Montérégie pour des raisons de sécurité incendie. Les administrateurs le voulaient coûte que coûte en CHSLD. Comme si ça allait lui sauver la vie...

Les normes de sécurité ayant été renforcées suite au tragique incendie de l'Îsle-Verte, le gouvernemaman se devait de brimer le droit d'une infime minorité, encore une fois. Dans la foulée de la tragédie de l'Îsle-Verte, j'avais écrit ce court texte en janvier 2014 (texte ici).



La société dans laquelle nous avons l'impression d'évoluer présentement, n'est en fait, qu'une pure et simple prise de contrôle total de tous les aspects de la vie ses citoyens. Aucune place pour la liberté, le choix, ni la responsabilité individuelle.

Avez-vous déjà été consulter le Code de construction, ce fameux Code national du bâtiment (CNB) ? C'est d'une complexité désarmante. Comme si la vie en société était un immense casse-tête et que l'Étata était en mesure de tout encadrer pour sauver des vies, à tout prix. Quelle naïveté, quel populisme...

Pour ceux qui vivent dans l'insécurité, si les centaines de lignes de texte du CNB et le travail des fonctionnaires déconnectés et des architectes rêveurs vous réconfortent, grand bien vous fasse. Pour ma part, je fais confiance en la vie, en mon autonomie. Je vis pleinement chaque journée comme si c'était la dernière page de ma biographie. Je ris et je m'ennuie, je pleure puis je souris. Je porte une grande attention à ma sécurité, je me protège du mieux que je peux selon mes connaissances et capacités. Je vis. Responsablement.

Dans une implication communautaire précédente, il y a plus de 15 ans, nous avions fait construire un bâtiment pour héberger 12 personnes lourdement handicapées. La loi obligeait déjà à installer des gicleurs partout dans l'immeuble. Plusieurs années plus tard, une personne qui siégeait toujours au conseil d'administration m'a informé que le système de gicleurs avait été débranché à cause de toutes les fuites d'eau qui avaient été mal colmatées au fil des années. Des problèmes d'infiltration d'eau et de moisissures avaient aussi été décelés. Vous imaginez le danger pour la santé ? Sans parler des contraintes de démolition et de reconstruction que ça pourrait impliquer ! Avec la philosophie du plus bas soumissionnaire, il ne faut pas rester surpris de ces résultats à moyen et à long terme.

Ultérieurement, un deuxième édifice de 12 logements pour handicapés a été construit dans mon quartier pour satisfaire les exigences du nouveau schéma de couverture de risques en sécurité incendie. Ces 12 appartements adaptés étaient préalablement regroupés aléatoirement dans un immeuble d'une centaine de logements sur cinq étages. Le coût pour l'installation de gicleurs dans ladite tour à logements en béton armé était colossal.

Ils ont donc organisé des rencontres pour affoler les résidents concernés (comme dans Activités Paranormales) pour ensuite les forcer à déménager contre leurs volontés dans un logement beaucoup plus petit, érigé d’une banale structure de bois, recouvert d’un grand toit plat et des murs intérieurs « en carton ». Comble de l'idiotie, cette nouvelle résidence a été exemptée de l'installation de gicleurs pour des raisons de superficie... Les décideurs ont dû s'imaginer qu'il est plus facile d'évacuer 12 personnes au rez-de-chaussée avec une seule intervenante la nuit, plutôt que 12 chevaliers dissipés sur plusieurs paliers dans un château de roc et de mortier...

Quelle belle façon de ghettoïser un groupe de personnes handicapées au fond d'un stationnement, tous au rez-de-chaussée, sur la bonne terre des vaches et à la merci des passants malintentionnés.

Dans toute cette histoire de détresse de Yvan, j'ai plutôt tendance à rendre responsables tous les fonctionnaires et décideurs qui lui ont sournoisement mis la corde au cou, au nom du socialisme liberticide.

Yvan, repose en paix. Nous allons poursuivre notre combat avec les armes que tu nous as laissé en héritage.



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2014/12/08

Pas de sécurité pour les personnes en CHSLD? Pourquoi ne pas tenter de se prendre en mains?

Au même moment où le gouvernemaman annonçait sa « Stratégie de mobilisation pour lutter contre l’intimidation et la violence à l’école » (site gouvernemental ici), un reportage nous informait que le Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de Laval venait de limiter l'utilisation de moyens technologiques pour protéger les usagers de leurs établissements de santé. Pas de caméra de surveillance pour dénoncer l'intimidation et la violence faite aux aînés. (Article avec reportage ici).

Le lendemain, un vidéo circulait viruleusement sur Facebook. Une employée d'établissement de santé volant de la nourriture, fouillant dans des tiroirs, un autre employant un langage ordurier envers une bénéficiaire en plus de la maltraiter. (Vidéo Facebook ici).


Si ce genre de situations arrivaient aux parents de grands chefs d'établissements et syndicaux, est-ce qu'enfin le dossier des caméras de surveillance dans les chambres de CHSLD serait plus envisageable ou ils seraient aussi intraitable ?

On dit souvent que les bandits sont en train de prendre le contrôle sur notre société. Eh bien, c'est certain que les bandits vont toujours refuser que l'on filme leurs actes.

C'est clair qu'encore une fois, le gouvernemaman est très loin des besoins de sa population. Il est impérial de tout faire ce qui est humainement possible pour ne pas avoir à faire avec la gouvernance étatique actuelle.

Pour se faire, il faudra trouver des alternatives collectives pour pallier à ces besoins de la population vieillissante et grandissante. Le retour aux sources est de mise. Dans un quartier donné, des familles pourraient se regrouper pour héberger leurs aînés bien-aimés.

Le calcul en vaut la peine. Cinq familles déboursant 1025$ par mois chacune pour leur père ou leur mère, plus 1025$ par mois de la pension du parent, un budget annuel de 123 000$ pour différents services pourrait être disponible.

Nuits (1 personne) de 23h00 à 7h00:
16$/heure X 8 heures = 128$/jour = 46 720$/an.

Jours (1 personne) de 7h00 à 15h00:
16$/heure X 8 heures = 128$/jour = 46 720$/an.

Soupers (1 personne) de 15h00 à 20h00:
16$/heure X 5 heures = 80$/jour = 29 200$/an.

Soirée en famille avec les enfants et petits-enfants = 0$/an et de beaux moments pour chacun/e.

Total : 122 640$/an ou 24 528$/famille/an.

De plus, si les familles s'investissent humainement, les heures de repas peuvent être assumées sans aucuns frais. Jusqu'à 29 200$ d'économies. Suffisamment pour payer l'hypothèque de la maison et un excellent système de sécurité ! Bye bye CHSLD !!






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2013/11/08

La Force Du Vouloir (capsules vidéos)

Voici mes fameuses capsules vidéos de La Force Du Vouloir.

12 capsules

1 rêve


Me battre jusqu'à mon dernier souffle pour mon maintien à domicile plutôt qu'en CHSLD...

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o.ptitsanges.com/magiedenoel



Lecture automatique de toutes les capsules.


Capsule #1 : Présentation
Capsule #2 : Les médias sociaux
Capsule #3 : Gestion du personnel
Capsule #4 : L'aventure Jaco
Capsule #5 : Mon quotidien
Capsule #6 : Mike Ward
Capsule #7 : Loisirs et passions
Capsule #8 : Techno Sweet Techno
Capsule #9 : Mes adaptations
Capsule #10 : Espoir !
Capsule #11 : Questions du public
Capsule #12 : Objectif futur




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2013/07/16

Je viens de manger une volée.

Une crisse de volée j'te dis ! Des jabs, des uppercuts. J'en ai mangé toute une...

Ce n'est pas la première fois en plus. Mais cette fois-ci, je me suis convaincu de dénoncer cette violence faite aux personnes physiquement faible et sans défense comme moi.

Il n'a rien d'un agresseur atypique. Il est très poli et respectueux de ses paroles. Il vous tend la main, nous demande gentiment de nous immobiliser pour mieux nous attacher fermement au sol.

Après quelques instants seulement, on réalise dans quel train infernal on vient de s'embarquer. Que nous allons passer un très mauvais quart d'heure. Un moment où la terre tremble. Où les murs s'agitent. Où le métal et les ceintures tout autour de nous se déchaînent de tous bords, tous côtés.

On se sent seul, abandonné face à l'agresseur. À la merci du conducteur de sa furieuse locomotive qui, avec sa pelle, nourrit le moteur de charbon noir avec toute sa domination et de sa toute-puissance.

On vit des instants cauchemardesques en se demandant si on va survivre à ce terrible assaut. Quelles séquelles visibles ou pas resteront en permanence sur la peau de notre cœur qui débat à vive allure. 

Une fois le train de la violence immobilisée, le calme et le respect éphémère resurgit. La vie redevient normale pour le violent. Puis les discussions banales du quotidien reviennent à la surface, noyant tout de la détresse. Comme si de rien n'était, l'agresseur nous détache de notre emprise sur Terre, sur notre réalité.

Bon an mal an, d'autres victimes restent sur la liste des invités de la soirée.

Ce soir, pour une troisième fois cette année, j'ai péniblement roulé en transport adapté.

La société dans laquelle nous vivons a trouvé une façon très efficace de maintenir la population handicapée dans l'Omertà, dans la terreur du silence. En apparence, les autorités semblent faire des pieds et des mains pour protéger les plus faibles, les sans défense, mais en fait, on les maltraite quotidiennement et impunément jusque sur les rues et sur les routes qui unissent notre civilisation québécoise. 

De cette façon, on englobe toutes les facettes de la vie d'une personne dans le besoin, de violence. En se levant le matin, il faut aller vite. En allant manger à la cafétéria, il faut aller vite. En allant à son rendez-vous en autobus, il faut aller vite. Lorsque c'est l'heure de se coucher, il faut aller vite. Les seuls qui semblent pouvoir prendre le temps, c'est les employés de l'État en dehors de leurs quarts de travail.

Tout est devenu violence. Le laisser-aller de nos infrastructures routières est violence. Les véhicules ne sont pas conçus pour faire du tout-terrain ni du terrorisme. 

La clé de l'évolution humaine passe par le transport. La visite chez le médecin. Le rendez-vous chez le dentiste. La sortie au cinéma. Rien n'est possible sans le transport des humains. Quel manque de respect avons-nous développé après toutes ces années à se battre pour le mieux-être de chacun.

Tout à l'heure dans l'autobus, j'ai amèrement regretté ne pas avoir installé ma caméra pour tourner une scène digne de Full Metal Jacket. Au retour du cinéma, je suis convaincu d'avoir atteint 7,5 sur l'échelle de Richter. Tellement qu'à mon arrivée chez moi, j'ai demandé au chauffeur qu'il replace mes lunettes qui ne servaient plus qu'un seul oeil suite au séisme.

Il m'a avoué (sans s'excuser) qu'il avait roulé trop rapidement.

Je suis conscient que l'état de la chaussée est exécrable, mais dans ces conditions, adapter sa conduite est une simple mais efficace marque de respect.

J'ai à peine repris mes émotions que demain, j'ai à nouveau, rendez-vous avec un agresseur potentiel. Heureusement, ils ne sont pas tous irrespectueux.

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Mis à jour suite aux événements :

Le transporteur en question (la Société de transport de Trois-Rivières) a été proactif suite à la réception de cet article. Le conducteur fautif a été rencontré et modifiera à l'avenir sa conduite du véhicule.

Tout comme me disait la superviseure qui traite de ma plainte, je crois aussi que l'état des routes et le problème de suspension des nouveaux véhicules sont en majorité responsable de ces pénibles événements. La solution temporaire à la résolution de ce bug technique du véhicule demeure sans aucun doute dans l'adaptation de la conduite de certains chauffeurs.

Je le répète, de certains chauffeurs. La très grande majorité des chauffeurs de la STTR font un travail exceptionnel, tout comme les travailleurs administratifs d'ailleurs. C'est une équipe professionnelle et attentionnée.






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2012/07/10

Pétition : Mesures d'aide financière aux personnes handicapées


Allo, j'ai un petit service à te demander ! Peux-tu demander aux gens que tu connais de signer cette pétition?

https://www.assnat.qc.ca/fr/exprimez-votre-opinion/petition/Petition-3317/index.html

Ça va aider les personnes handicapées réellement inaptes à l'emploi. Il ne faut pas oublier de confirmer sa signature en cliquant sur le lien que tu reçois par courriel.

Notre objectif est de 4000 signatures.

Date limite pour signer : 21 septembre 2012

Ne pas oublier de cliquer le e-mail de confirmation: "Votre signature est maintenant confirmée. L'Assemblée nationale vous remercie de votre participation."

Merci !

*** Mise à jour: La pétition n'est présentement plus disponible à raison de la campagne électorale provinciale. Nous allons savoir bientôt ce qu'il en adviendra après le 4 septembre prochain. ***

2012/04/18

2012/03/22

Après toutes ces manifestations...

Après toutes ces manifestations,
je vous propose de suivre @Groupon,
et de trouver la force d'accepter,
les choses que vous ne pouvez changer.

Si j'étais descendu dans les rues,
à chaque obstacle impromptu,
je n'aurais pas eu assez de temps,
pour créer et me sortir de chaque guet-apens.

La jeunesse est vive et allumée,
d'autres solutions ils vont trouver,
enjoué et plein de ténacité,
ce mauvais rêve ne sera plus que chose du passé.

Un peu comme les hippies,
qui voulaient refaire un monde moins gris,
une fois sur le marché du travail,
leur priorité chargera de gouvernail.

Au moins ils auront ce souvenir,
d'avoir combattu l'empire,
et comme dans le temps des rois,
cette élite du droit n'écoute pas.

Des changements dans la société s'imposent,
premièrement s'occuper des personnes aînées,
presque tous abandonnés dans leurs foyers,
pour qui la vie n'est vraiment pas rose.

J'ai bien hâte de voir bloquer des ponts,
pour qu'enfin leur nourriture goûte bon,
pour qu'ils aient du bon personnel,
en quantité industrielle plutôt qu'institutionnelle.

À voir comment on traite nos vieux,
si j'étais étudiant j'aurais peur en peu,
le problème n'est pas au présent,
mais quand ils auront 70 ans.

Mais j'avoue que c'est vendeurs,
des matraques et des jeunes filles en pleurs,
tout pour crisser le bordel,
pour mousser la crise générationnelle.

Tant qu'ils pourront vendre de la publicité,
et des forêts entières de papier,
l'huile sur le feu ils vont verser,
tout pour tenir la population terrassée...





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2012/03/02

La hausse des frais de scolarité est inévitable.

La hausse des frais de scolarité est inévitable. Par contre, le programme des prêts et bourses devrait être majoré et les bénéficiaires mieux ciblés. On a vu par le passé des étudiants rembourser leurs prêts en entier le jour de la date limite du début du taux d'intérêt. On s'entend que certains ont des prêts sans vraiment en avoir besoin. Une grande lacune qui s'apparente drôlement à de l'injustice.

Je vois l'éducation comme un investissement dans son avenir. Plus d'efforts on y met, plus les chances de réussite sont grandes.

Au fil des ans j'ai embauché beaucoup d'étudiants. Des gens courageux et forts qui avaient parfois 2 ou 3 autres emplois pour boucler les 2 bouts. Avec le recul, je revois ces mêmes diplômés fiers de leur parcours, le coeur rempli d'expériences qui les ont fait grandir. Ils ont bûché fort et ont prit leur rôle de citoyen à coeur puisqu'ils savent maintenant la valeur de l'argent, chose que l'on apprend pas sur les bancs d'école.

Un quelque part, j'envie cette manifestation de mécontentement d'une partie de la population. J'aimerais pouvoir mobiliser toutes les personnes isolées, laissées à soi-même dans les CHSLD, dans les résidences d'accueil, dans leur appartement qui ne convient pas à leurs besoins, les personnes victimes de syndicaleux sans coeur, les personnes qui mangent de la nourriture fade tous les jours, les personnes âgées qui se font exploiter par leurs enfants trop lâches pour aller travailler... Nous aussi on en aurait long à dire au gouvernement. Mais nous, on ne paie pas (ou presque) d'impôts, et on n'est pas une clientèle «sexy» qui peut faire gagner une élection.

J'aimerais aussi mobiliser tous les parents qui courent à gauche et à droite quotidiennement pour que les enfants ne manquent de rien, ceux qui n'ont pas le temps de perdre une journée de salaire pour interpeller le trottoir du ministre de sa région pour qu'on diminue l'appareil étatique, que l'on cesse de prendre ses économies impunément pour les redistribuer à ceux qui font moins d'efforts.

Profitez-en chers étudiants, parce qu'après votre diplomation, vous verrez que la solidarité prend toute une débarque et que la vraie vie ne se gère pas avec de vulgaires pancartes.

Source: Ygreck 




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2011/12/05

Ce texte reflète bien ma pensée sur le Québec d'aujourd'hui


Doléances pour un Québec dépassé
4 décembre 2011 23h08 · Jérôme Lussier

Ce n’est pas de l’idéologie de croire que le bilinguisme constitue un avantage et de vouloir en faire bénéficier ses enfants et ses concitoyens.

Ce n’est pas naître pour un petit pain de rêver que sa fille étudie à Stanford, que son fils travaille à Shanghaï, que son neveu boxe à Las Vegas ou que sa nièce défile à Milan.


Ce n’est pas une perversion de préférer Bon Iver à Paul Piché, Adele à Céline, les Beastie Boys à Loco Locass, mais d’aimer aussi Jean Leloup, Arcade Fire, Malajube et Beau Dommage.

Ce n’est pas de la rectitude politique d’affirmer que les questions environnementales, culturelles et économiques de notre époque dépassent le cadre des politiques nationales.

Ce n’est pas une religion de constater que Facebook, Twitter et Internet permettent de découvrir et entretenir en temps réel des communautés qui se moquent des frontières.

Ce n’est pas cynique de rappeler que l’univers ne commence pas à Hull et qu’il ne se termine pas à Gaspé et que les lois et les espoirs du Québec n’ont pas de portée extra-territoriale.

Ce n’est pas une trahison de concéder que le Québec ne représente que 0,1% de l’humanité et que son statut constitutionnel n’y est pour rien.

Ce n’est pas naïf de dire que le Québec a autant sinon plus besoin du reste du monde que le reste du monde a besoin du Québec.


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2011/10/23

Victime d'indifférence


Cette semaine est sortie dans certains médias la vidéo d'une petite Chinoise se faisant frapper par une voiture puis ignorer par plusieurs personnes. Des images horribles. Quand j'ai vu la 2e voiture lui rouler sur la jambe, j'ai dû tourner mon regard... La petite Wang Ye (Yue Yue) a finalement succombé à ses blessures.

De voir les sensibilités des personnes autour d'elle, m'a beaucoup marqué. D'instinct, je crois que notre culture nous aurait dirigés vers la petite victime pour la protéger et pour appeler au secours. C'est même un devoir de citoyen, une loi. Visiblement, ailleurs ça ne fonctionne pas comme ça...

Hier soir, j'ai regardé un film (Black Hawk Down, 2001, que mon ami Francis m'avait suggéré) portant sur une mission en Somalie par l'Armée américaine. L'intervention portait sur l'arrestation de 2 lieutenants dans un bunker bien gardé. Au fur et à mesure que l'opération se déroulait, les embûches et les corps inertes de soldats alliés se multipliaient. C'était troublant de voir des insurgés tenir à bout de bras un soldat américain fraîchement abattu qui était pourtant venu pour les libérer de cette dictature.

2 soldats discutant entre eux:

- Lorsque nous avons revenir [en Amérique] les gens vont me demander : « Pourquoi ? » Je ne leur répondrai rien, car ils ne peuvent pas comprendre.

Ensuite m'est venue en tête une entrevue que j'avais entendue à Radio Pirate avec un soldat qui revenait de l'Afghanistan, Claude. Il était passionné par son travail. Même à la radio, on pouvait presque voir la lumière dans ses yeux. Il racontait combien les enfants Afghans étaient fiers le matin de se diriger à l'école du village avec leurs sacs d'écoliers colorés et leur boîte à lunch en toute sécurité. Claude et ses collègues des forces armées canadiennes avaient fait concrètement la différence auprès de plusieurs centaines de personnes qui avaient besoin d'être sorties des griffes des talibans. Depuis ce jour, cet émouvant témoignage me confirme que tous ces efforts en valaient peut-être le coup !

Imaginez un instant une caméra vidéo vous montrant le viol de plusieurs petites filles aux prises avec des terroristes sans remords et sans coeur, et que personne ne ferait quoi que ce soit pour les arrêter, pour les protéger. Que les passants, faisant mine de rien, fixent le sol laissant ces salopards en sueur souiller la vie de gamines pour des générations entières... Auriez-vous la même réaction que vous avez eue avec la petite Wang Ye victime d'indifférence ?


Wang Ye, 2 ans

2011/07/03

(Don't) like a Virgin...

Je suis client de Virgin Mobile depuis une bonne dizaine d'années. Avec mon vieux Nokia 6015i, j'avais un service à la carte prépayée qui me coûtait environ 10$/mois. J'utilisais rarement mon vieux téléphone parce que j'avais énormément de difficulté à le manipuler. Au cumulatif, j'avais réussi à accumuler quelques centaines de dollars dans mon compte Virgin Mobile.

Avec les technologies plus récentes, je me suis convaincu (après plusieurs mois de questionnement, de recherches et d'analyses de produits sur le marché) d'acquérir un iphone 4, et le forfait monstrueux qui vient avec...

Étrangement, c'est le modèle d'étui qui m'a fait choisir plutôt que la marque du téléphone en tant que tel. Toujours incapable de manipuler ces appareils avec mes mains, c'est depuis l'arrivée de JACO dans ma vie que ça à fait basculer les choses. Ma mère et moi, avons confectionné un espèce de sangles autour du poignet et des doigts de JACO. Un peu comme une ceinture autour d'une taille, je peux accrocher un étui facilement, faire faire une rotation de 180° au téléphone et le rendre à ma portée. Merci à Barbara et Marie-France d'avoir trouvé dans une pharmacie, l'étui qui me servira dans les années futures !

Me voici prêt à faire le grand saut ! Mais les événements ne se sont pas déroulés comme je prévoyais depuis l'achat du téléphone.

Samedi 2 juillet 2011

  • 15h00: nouveau téléphone cellulaire acheté !
  • 18h00: pas encore activé. J'appelle le service à la clientèle et on me dit de retourner à la boutique. Il y a eu erreur lors de l'activation.


Dimanche 3 juillet 2011

  • 13h30: le même vendeur appel le service technique chez Virgin et me confirme qu'il va fonctionner dans maximum 2h00.
  • 16h00: téléphone toujours pas activé. J'appelle et on me dit de retourner à la boutique parce que mon téléphone sera en fonction 3 jours plus tard que l'achat et que (trop tard ma belle petite acadienne, j'ai déjà raccroché...)
  • 16h20: le même vendeur appel le service technique durant une bonne vingtaine de minutes et ensuite me confirme que le téléphone va fonctionner dans maximum 2h00 avec un nouveau numéro temporaire, jusque dans 2 jours.
  • 19h45: ÇA NE MARCHE TOUJOURS PAS!


Si ce n'était pas des quelques centaines de dollars dans mon compte Virgin, le remboursement serait demandé dès demain... Ahhhh qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour de l'argent...

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Mise à jour : Lundi 4 juillet, ma 4e visite fut la bonne ! Le représentant à finalement trouvé solution à mon problème ! ENFIN !





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2011/03/29

À l'hôpital, j'irai quand je serai inconscient...

Depuis la parution du reportage de Patrick Lagacé, ma vie a totalement chaviré. Un tsunami de sympathie, d'encouragement et de compassion. J'ai vu passer un commentaire qui disait : « Comment tu te sens avec toutes ces belles choses qui se passent dans ta vie ? » J'ai répondu spontanément que je n'avais pas hâte de redescendre sur terre, que généralement, l'équilibre nous ramène parfois brusquement sur l'asphalte de la réalité.

Le lundi suivant, j'avais finalement eu mon rendez-vous à l'hôpital (CHRTR) pour une scintigraphie osseuse pour un pied enflé anormalement depuis l'été 2010. Mon médecin à domicile n'a aucun asti d'idée pourquoi mon pied gauche ne cesse d'enfler. Au début elle croyait que c'était une phlébite. De toute urgence elle m'envoie un formulaire pour un rendez-vous prioritaire dans les 24 heures. Sa secrétaire n'avait pas inscrit mon numéro d'appartement sur l'enveloppe... Vous voyez le genre ? Bravo championne...

Pour la scintigraphie, après plus de 5 mois d'attente, la téléphoniste m'avait dit que je devais venir pour une injection en avant-midi (d'une durée de 15 minutes qu'elle disait) puis revenir en après-midi, 4 heures plus tard pour un examen plus complet couché dans un gros appareil. J'apporte toujours avec moi mon personnel quand vient le temps de transférer pour assister les infirmières qui ne connaissent rien à rien de ma condition. Je n'ai aucun budget d'accompagnement pour les sorties à l'hôpital. Pour la visite courte en avant-midi, j'avais demandé à ma mère de m'accompagner étant donné que je n'avais pas besoin (supposément) d'être transféré. J'essaye le plus possible de ne pas demander à ma mère de forcer après mon fauteuil puisqu'il y a de multiples équipements qu'elle n'a jamais connus depuis toutes ces années. Rendu au rendez-vous, la technicienne en laboratoire m'informe que je vais être transporté sur une civière pour l'injection. J'argumente avec elle que ce n'était pas convenu, mais entre vous et moi, elle n'en avait rien à foutre. Un banal transfert y a pas de quoi fouetter un chat.

Le préposé de l'hôpital est alors arrivé avec un lève-patient sur roues avec la technicienne en laboratoire. Ma mère a laissé sa place pour laisser « les professionnels » faire leur travail. Ils n'avaient tous les 2 aucune idée comment me libérer de mon fauteuil. C'est vraiment quelque chose de compliqué et c'est pour ça que je voulais faire revenir mon employée au départ. La technicienne s'est alors penchée pour placer la toile de transfert (qui est en permanence sous moi). Pendant que le préposé était incapable d'ouvrir le côté du fauteuil, la technicienne a pris ma jambe droite et l'a étiré frénétiquement sans rien me demander au préalable. J'ai 38 ans. Je n'ai jamais été debout de toute ma vie. Mes jambes ont la position « de chaise » depuis toujours. Le craquement de mon genou a défié le talent et les capacités de toutes les physiothérapeutes réunies dans mon long parcours du réseau de santé depuis la fin des années 70. Les yeux pleins d'eau, je leur ai annoncé qu'il n'y aurait pas de transfert cet après-midi-là, et qu'ils devraient me redonner un autre rendez-vous.

Sur le coup de l'adrénaline, je sentais très peu la douleur, mais je savais pertinemment que cette drogue naturelle allait bientôt se dissiper et laisser place à l'enflure et à des moments de terreur...

Arrivé à la maison, j'ai donc sauté sur ma boîte d'antidouleurs. 2 comprimés derrière la cravate et on attend avec impatience l'heure du coucher. J'avais pris la peine de contacter une 2e employée pour assister la régulière dans son quart de travail. Avant de me coucher, 2 autres comprimés pour m'aider à passer la nuit. Nuit qui fut relativement calme contrairement à ce dont je m'attendais. Le travail de mes 2 p'titsanges était impeccable et je les en félicite !

Le lendemain matin, j'avais dû contacter une remplaçante puisque la régulière du matin était grippée. Dans ces conditions, je demande toujours à mon personnel de rester loin de moi pour me protéger. Pendant le déjeuner, 2 autres comprimés d'antidouleurs. Outch ! Je suis resté au lit toute la journée avec des nausées et des brûlements d'estomac... La 2e marche vers l'enfer venait d'être franchise.

Par la suite, le travail de préparer l'horaire pour les employés continuait. Les remplacements, des quarts de travail supplémentaire, en plein coeur d'après-midi, au beau milieu de la nuit. De la gestion des personnels extrêmes dans des conditions de vie atroce. Le montant accumulé pendant la Magie de Noël qui n'avait pas encore été distribué, me sera d'une aide précieuse lorsque viendra le temps de payer tout le temps supplémentaire que le CLSC n'acceptera jamais de défrayer. Merci encore à tous mes généreux donateurs !

En milieu de semaine, j'ai repris place dans mon fauteuil rouillant pendant la journée. Mauvaise idée. Tôt en après-midi le genou faisait des siennes. Tout le monde était en classe ou au travail ou pas encore formé pour me porter assistance à pied levé. Un dilemme s'imposait : rester couché pour guérir le genou (dans l'incapacité de manger et digérer convenablement) ou rester assis pour favoriser la digestion (avec pour effet de fatiguer mon genou rapidement). Solliciter mon staff au maximum entraînant des dépassements de coûts majeurs qui ne seront jamais budgétés dans cette belle province tellement généreuse... Ou épuiser ma mère qui a déjà ses problèmes de santé ? Beaucoup de questions et trop peu de réponses.

Le lendemain de l'incident, j'ai appelé la secrétaire de mon médecin à domicile. Elle a dit que le médecin venait de passer et qu'elle allait lui demander de me rappeler, mais en vain. Jeudi, je relance l'appel malgré que je sais que mon médecin traitant est disponible seulement le lundi et une demi-journée le mardi. Le reste du temps, c'est un médecin de garde qui prend la relève. Elle me dit qu'une infirmière viendra me visiter vendredi. Enfin du positif !

Le lendemain avant-midi, ma p'titange était en train de me transférer péniblement avec la jambe immobilisée dans ses mains. L'intercomme s'agite. Je la regarde en lui faisant signe que non. Nous ne pouvons faire demi-tour et elle n'aura pas le temps d'aller répondre à temps. Je change d'avis aussitôt puis retourne au lit en me disant que la personne allait rappeler ou directement monter pour frapper à ma porte et vérifier si je suis conscient ou non ! Eh bien non ! Pas de son, pas d'image... Le week-end, je vous confirme que les infirmières du maintien à domicile à Trois-Rivières ne travaillent pas.

Lundi, je demande calmement à ma mère de signaler le numéro de la secrétaire du maintien à domicile pour lui demander ce qui s'était passé. Elle m'a mis en attente en n’appuyant pas sur le bon bouton. J'ai alors entendu une infirmière âgée dire que je n'étais pas là vendredi. Quand la secrétaire est revenue au téléphone je lui ai dit que c'était une défaite vraiment bidon et que si j'avais été sans aide durant tout le week-end, j'aurais pu y laisser ma vie. Elle est retournée discuter avec la vieille infirmière solidaire avec son équipe en ne voulant pas avouer que la personne en question avait eu tort de ne pas ; 1) appeler une 2e fois, 2) monter vérifier à la porte de mon appartement, 3) être revenu dans l'après-midi, 4) avoir laissé un message à la secrétaire qu'elle n'avait pu m'ausculter. C'est pathétique de voir que personne ne sera mis en cause dans cette histoire. J'envisage sincèrement porter plainte quand je serai de retour « sur pied »...


Finalement, une infirmière est venue lundi en fin d'après-midi. Elle m'a dit que le médecin passerait mardi. Personne encore. J'ai rappelé la fameuse secrétaire. Elle me demande si j'ai toujours de la douleur. « Tabarnak de bonne question ma grande... » me dis-je intérieurement. Je réponds par la positive avec tout le calme que je n'ai pas l'habitude d'avoir. Elle me dit qu'elle va contacter mon médecin puis me rappeler par la suite. Au moment d'écrire ces lignes, j'attends encore.

Il est hors de question que j'arrive à l'urgence (probablement avec une priorité 75) pour attendre 14 heures pour me faire prescrire un antidouleur que j'ai déjà en main. À l'hôpital, le personnel ne sera pas tendre dans leur mouvement avec ma jambe sur leurs civières de béton armé. À l'hôpital, les bactéries de toutes sortes risquent de me rejoindre comme elles ont rejoint beaucoup de mes amis handicapés ou âgés. À l'hôpital, au moment de mon congé, ils n'auront rien à foutre que je revienne à la maison à pied ou en calèche. À l'hôpital, j'irai quand je serai inconscient, saignant, agonisant ou payé cher pour y aller...




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2011/02/24

Entrevue avec Stéfan Dupont, CHOI 98,1 : Suicide assisté


Ce midi sur les ondes de CHOI 98,1 j'ai pu m'entretenir avec Stéfan Dupont au sujet du décès de David Audesse, de la vie en général, du suicide assisté puis finalement de JACO.

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Désolé pour ma respiration dans le téléphone :P

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Ma définition d'un p'tit ange:

Personne unique doté d'un sens de l'altruisme développé, de l'honnêteté et du respect de soi depuis plusieurs années. N'est pas p'tit ange qui veut. Les candidatures peuvent défiler sans avoir nécessairement l'esprit du p'tit ange. Cette philosophie n'est pas uniquement de donner du temps et de l'aide instantanément à quelqu'un qui a besoin, mais plutôt une manière de participer activement, un certain temps, au mieux-être d'une personne.

P'tits anges bénévoles recherchés!

Je suis aussi à la recherche de p'tits anges bénévoles pour faire ses exercices physiques une fois par semaine, aller au cinéma et au restaurant, faire la lecture, écrire ma vie, jouer au poker... benevole [à] ptitsanges.com !