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2010/08/22

Mon 60e show À VIE!!


Ça y est ! Le cap des 60 shows a été franchi le vendredi 20 août 2010 avec comme tête d'affiche: Green Day !

Laissez-moi vous raconter cette histoire. Le tout a commencé au printemps. J'avais lu quelque part sur le Web que Green Day serait de passage à l'agora du Vieux-Port de Québec. Cet endroit est mythique de par sa position géographique, ainsi que par l'énergie qui l'entoure, celle du Vieux-Québec.

J'ai eu la chance d'avoir des billets, alors l'aventure venait de commencer.

Depuis quelques années, je n'ai plus toujours la possibilité d'aller voir tous les spectacles que j'aimerais. Parfois c'est l'entourage pour m'accompagner qui manque, d'autres fois la santé ou durant les années dernières, des ennuis mécaniques sur mon véhicule. Bref, les étoiles sont rarement alignées pour faire de ces sorties, des réussites.

Quand j'ai acheté les billets de Green Day, j'avais en tête une personne avec qui j'aimerais faire cette sortie, mais je n'étais pas certain si ces disponibilités correspondaient avec mon projet culturel... J'attendis un peu avant de lui en parler. Je me disais qu'il ne serait jamais trop tard pour revendre ces billets en or.

L'été arriva et je n'avais toujours rien demandé, ni organisé. Un soir de juillet, j'ai invité Marie-Josée à souper au centre-ville. Le moment était propice, car nous étions dans le temps de son anniversaire, et je voulais faire quelque chose de spécial pour elle. Marie-Josée travaille avec moi depuis trois ans. Quand je suis mal pris et qu'elle est disponible (même en pleine nuit) je sais que je peux compter sur elle. À part lui verser une mince contribution financière, je ne sais jamais trop comment lui démontrer ma gratitude.

En 2008, je l'avais invité voir Airbourne au Théâtre Impérial de Québec. L'année suivante c'était au tour de son groupe préféré Rise Against de la recevoir à l'agora. Elle rayonnait de bonheur à tous les coups ! Ses moments les plus difficiles étaient loin derrière lorsqu'on sortait des shows. Les miens aussi d'ailleurs. Une belle complicité nous habite depuis toujours et c'est de cette façon que nous nous faisons du bien.

Attablé au restaurant du centre-ville, je lui lance en plein visage :

- J'ai besoin de toi le 20 août pour aller à Québec. Nous partons le vendredi et nous revenons le samedi. Crois-tu que tu peux organiser ton horaire en conséquence ?

Étonnée elle me répond qu'elle regarderait ça sérieusement.

Je lui ai alors dit:

- Je n'ai pas encore réservé la chambre d'hôtel. Si tu me dis que ça ne fonctionne pas, aucun problème, mais j'aimerais le savoir le plus tôt possible.

Le lendemain c'était réglé. Feu vert pour un voyage à l'aventure !

J'ai alors pris d'assaut Internet pour demander à gauche et à droite des propositions d'hôtel à proximité de l'agora. J'ai reçu des dizaines de suggestions d'endroit où coucher partout dans la ville de Québec. Le choix était présent alors il fallait sélectionner le bon hôtel pouvant correspondre à mes besoins particuliers.

J'ai donc contacté quelques établissements avec les questions habituelles:

«Bonjour,

j'aimerais savoir si votre hôtel à un accès pour les fauteuils roulants ?

Si oui, avez-vous des chambres adaptées pour les personnes handicapées ?

Merci beaucoup de votre collaboration.

Alain»

Je me méfie souvent des réponses, car la définition des mots « accessible » et « adapté » n'est pas la même pour une personne debout et une personne en fauteuil rouillant... J'ai eu confiance aux réponses du personnel de l'hôtel Port-Royal, 144, rue Saint-Pierre, Québec. La simplicité et l'efficacité de leurs explications m'ont convaincu que c'était ma place.

J'ai alors réservé une suite (malheureusement pour une seule nuit, moyens financiers et personnels accompagnant manquants) pour nous donner la chance de fêter un peu après le spectacle, au lieu de faire 1 h 30 de route en pleine nuit.

J'avais vraiment hâte de voir à quoi ressemblerait cette chambre. J'ai rarement l'occasion de découcher vu ma condition. Ces dernières années, mon ami Denis m'a invité à quelques reprises dans sa loge des Sénateurs d'Ottawa, me forçant ainsi à quitter mon petit nid blindé pour quelques nuits... C'est beaucoup d'organisations, mais ça fait aussi beaucoup de bien de voyager (ne serait-ce qu'à quelques heures de route) pour briser la routine et voir du pays.

Pour en revenir au projet Green Day, je regardais la météo à long terme tous les jours depuis le début du mois d'août. Les gens n'ont pas le réflexe de vérifier si les conditions météorologiques sont favorables ou pas pour organiser leurs sorties. Dans mon cas, la pluie et les composantes électroniques de mon fauteuil rouillant ne font pas bon ménage... Je dois donc prévoir en conséquence des précipitations qui peuvent potentiellement nous tomber dessus. Deux jours avant l'événement, certains médias annonçaient jusqu'à 80 % les probabilités d'averses sur la Vieille Capitale. Je commençais à être anxieux. À tort ! C'était frais, mais aucune trace de pluie n'est venue gâcher la soirée. Yéééééééééé !

Pour le trajet en direction de Québec, mon camion nous a foutu la trouille en nous indiquant que le moteur surchauffait ! Heureusement, nous nous sommes garés quelques instants sur le bord de l'autoroute puis tout est redevenu dans l'ordre. Je me demandais à tout bout de champ : « Si le moteur me lâche, comment vais-je retourner à la maison ? Je ne peux me transférer dans une autre voiture due au fait que mon corps n'a pas de tonus pour se tenir. Ahhhh ! » Puis je me suis rappelé une phrase que je répète souvent aux gens : « Alain, est-ce que tu peux en mourir ? Si la réponse est non, il n'y a pas de problème. »

Avec presque deux heures de retard, nous sommes arrivés dans le stationnement de l'hôtel. Un fantastique bâtiment historique qui a probablement vu passer quelques centaines de saisons. En ouvrant la porte de la suite, j'étais estomaqué. C'était littéralement un loft avec une cuisinette, un salon et un lit grand comme un nuage. Les murs de briques anciennes mélangées à une décoration style moderne. De toute beauté ! Je voulais y passer le reste de ma vie.

Trêve d'extase et de contemplation. Le spectacle débutait à 19 h... Nous n'avions pas encore soupé et la route nous avait occasionné un stress que l'on aurait pu se passer. On a avalé une bouchée et hop, en direction de l'agora à deux minutes à pied !

Rendu sur place, j'étais à la recherche de la meilleure place possible. C'était admission générale donc les gens pouvaient s'installer où bon leur sembleraient... À l'agora du Vieux-Port, les architectes qui l'ont reconstruit il y a quelques années seulement, ont eu la brillante idée d'inclure plusieurs endroits pour les personnes en fauteuil rouillant dans les sections arrières. Pour écouter un spectacle de musique classique, c'est génial puisque nous sommes à la même hauteur que l'accompagnant. Un peu comme au cinéma, nous sommes intégrés dans la rangée et nous ne nuisons pas à la circulation. Le problème se complique proportionnellement à la popularité mondiale du groupe s'exécutant sur scène. Le « vieil » agora était vraiment mieux adapté avec une section surélevée à l'arrière des bancs du fond. Comment ont-ils pu « scraper » nos emplacements impunément ?

À la première note de guitare, la foule s'est instantanément levée debout pour acclamer les héros de la soirée. J'ai essayé du mieux que j'ai pu de me tenir sur mes deux pieds, mais en vain... Je suis donc parti à la recherche d'un meilleur spot pour en avoir aussi pour mon argent. Habituellement, les gardiens de sécurité interdisent aux spectateurs de rester dans les escaliers. Le cas échéant, ça me laisse un couloir de visibilité respectable lorsque je me tiens dans le haut de cet escalier. Cette fois-ci, rien n'a été fait pour favoriser mon champ de vision. Je me suis même fait avertir de ne pas rester où j'étais par un individu qui tenait à coeur son travail d'agent de la paix.

Partout où je rencontrais des agents ou autres personnels salariés, je leur disais que je ne voyais rien. Impuissants, ils haussaient les épaules ne sachant quoi répondre à mes doléances... Je déteste quand les promoteurs de spectacle se foutent de ma gueule. J'ai payé le même prix que les milliers de personnes sur place, mais je n'avais que l'audio.

Après quelques recherches, Marie-Josée me fait signe qu'il y a un endroit derrière la console de son qui pourrait m'intéresser. Nous étions directement en face du stage. La barrière de sécurité me cachait la vue, mais c'était tout de même la meilleure place dans les circonstances.

J'ai alors pu profiter de la soirée et ainsi que décompresser de tous les inconvénients mécaniques de la journée. Je connais ce groupe depuis plus de 15 ans. Je connais presque entièrement tout leur catalogue musical. J'étais aux anges. Aux anges du rock 'n' roll ! Les chansons défilaient au rythme de mes souvenirs. Les émotions planaient au rythme de la musique. Symbiose. Adrénaline. Bonheur. Que dire de plus ? L'essence même de ma raison de vivre.

Côté organisationnel, ce n'était pas encore terminé pour moi. Avant même de partir, j'avais pris le soin de trouver une solution au problème du transfert au lit. Chez moi dans mon environnement, on ne se pose pas la question. Un lift fixé au plafond de ma chambre me soulève quotidiennement et me transporte sécuritairement en passant par le lit et le bain. À l'hôtel, aucune possibilité d'utiliser ce genre d'équipement. Il fallait trouver une deuxième personne pour me transférer. J'avais fait quelques recherches d'agence de soins à domicile, d'autres n'avaient donné en référence des préposés de Québec pouvant me dépanner. Plus je parlais de cette situation, plus je recevais d'offres de gens me disant qu'ils viendraient, eux-mêmes, m'aider après le spectacle. C'est donc Dominique Dumas (animateur radio à Québec800 et à Radio Pirate) qui est venu nous rejoindre, Marie-Josée et moi ! C'était extrêmement gentil de sa part de venir nous aider à me transférer dans mon nuage au mur de briques historiques qui a vu passer des centaines de saisons.

Après quelques bonnes nuits de repos à la maison, je pourrai dire que je suis prêt pour le 61e. ;)

Un autre gros merci à Marie-Josée pour sa complicité légendaire et son audace de partir à l'aventure avec une personne aussi hypothéquée physiquement. Je te souhaite sincèrement tout le bonheur que tu mérites.

Un très gentil couple rencontré après le show, moi, Dominique
et Marie-Josée dans un parc à passer du bon temps.








2009/06/18

En route vers le 60ième! #57

Pour ceux qui suivent régulièrement mes textes, vous vous rappelez sûrement celui Pour vous donner le goût de m'accompagner avec Marie-Josée. Eh bien cette année nous avons répété l'expérience mais cette fois-ci, à l'Agora de Québec !

La météo est toujours pour moi un facteur important à prendre avant de décider d'aller voir un spectacle en plein air... Mon fauteuil rouillant électrique n'aime pas beaucoup les précipitations vous en conviendrez. Et ma santé n'apprécie pas le froid des nuits printanières (parce que nous ne pouvons pas encore dire estivales).

C'est mardi soir en fin de soirée que j'ai contactée Marie pour lui demander si elle était toujours intéressée à aller voir « son groupe préféré » ! Devinez sa réponse...

La seule condition de notre départ était : Si mon camion démarre et ne tombe pas en panne au coin de la rue...

Mercredi matin j'appelle à la billetterie pour réserver nos places. La demoiselle m'explique qu'il ne restait presque plus de billets et que le terminal des cartes de crédit ne fonctionne pas et que nous devons payer en argent seulement. Parfait alors !

Nous sommes partis de Trois-Rivières à 18 h et arrivés au stationnement à 20 h. J'étais anxieux parce que le premier show commençait à 19 h 30... Ma peur était d'arriver à la billetterie et qu'elle est revendue nos précieux billets à quelqu'un d'autre du notre retard ! Ce ne fut pas le cas ! Yéééééééééé !

Mon 57e show à vie aura été une autre grande réussite ! Le légendaire groupe Rancid et la fougue de la jeunesse de Rise Against ont fait battre nos coeurs une autre fois.









2008/09/01

Vous donner le goût de m'accompagner peut-être?

Dernièrement je n'étais pas au show de Céline Dion sur les Plaines d'Abraham à Québec. J'étais plutôt tranquille à la maison à me remettre de mon spectacle de mercredi soir, 20 août 2008 au Théâtre Impérial, dans le vieux Québec. Tout a commencé le mardi en jetant un oeil à mon agenda Google la case du 19 août, la case voisine été illuminée...

Lorsque des groupes internationaux (qui m'intéressent évidemment) font l'annonce d'une tournée de spectacle, j'ai l'habitude d'inscrire les dates où ils sont le plus près de chez-moi. Mais la très grande majorité du temps, je ne peux pas y aller, ou sinon je m'organise plusieurs mois à l'avance pour préparer le voyage, mais cette fois-ci je n'avais rien de planifié. Problème mécanique, problèmes d'équipement d'adaptation de mon véhicule depuis juin... Les étoiles ne semblaient pas alignées du tout pour moi cet été.

Avec la saison « de *** » qu'on a eu, je peux vous dire que c'est le pire agenda de ma vie côté spectacle.

Alors mardi je vois que la case illuminée m'indique que le groupe Airbourne sera de passage à Québec demain soir. C'est alors que je commence à scruter ma liste de p'tits anges à savoir si quelqu'un serait disponible pour m'accompagner et conduire mon camion aller-retour (il est primordial que la personne qui m'accompagne soit responsable est en mesure de ramener moi et mon véhicule ensemble à Trois-Rivières!)

Après quelques vérifications téléphoniques, j'ai eu la confirmation que la salle du Théâtre Impérial était parfaitement adaptée au niveau l'accessibilité des lieux. Je gardais tout de même la flamme en vie, jusqu'au cas.

Malheureusement dans l'après-midi personne n'a pu répondre positivement à ma demande. Avec tristesse je me résilia à accepter le fait que je devais encore manquer un événement festif comme je les aime...

Mais j'ai un p'tit ange qui travaille de jour dans une entreprise de Trois-Rivières et qui termine aux alentours de 16 h. C'était mon dernier espoir. En toute fin de soirée, elle revint chez elle puis me dit qu'elle demanderait à son boss si elle pouvait finir plus tôt mercredi après-midi. « J'ai mon brake à 9 h et je t'appelle si je peux. Sinon, ton téléphone ne sonnera pas » me dit-elle.

J'avais retrouvé espoir mais quand même, un doute subsistait toujours.

Le matin venu, j'attendais le téléphone tant attendu. 9 h passa une toujours pas de nouvelles de mon p'tit ange... 9 h 15, je fixais ni le téléphone droit dans les yeux. Je le suppliais de sonner ! C'est à 9 h 30 que mon coeur explosa en entendant la panoplie de sonnerie raisonner dans mon 3 et demi !

« Salut Alain ! Mon Boss a dit oui ! Je peux partir à 3 h ! »

Je tiens à m'excuser auprès de ma centaine de voisins pour le WOOOOHOOOOOOO ! qui a raisonné dans tout l'immeuble ! Merci bon Boss !!! Non mais entres bons Boss, ça se dit hein ?!

C'est alors que j'appelle à la billetterie pour réserver les précieux tickets. La gentille dame au téléphone me dit qu'il ne reste que 10 billets sur les 1000 ! Wow ! Il était temps que j'appelle sinon...

J'ai fait ma journée en restant le plus calme possible. Je me suis rendu à mon rendez-vous chez le chiro tel que convenu. Mais à mi-chemin, aux alentours de 2 h, me voilà tu pas face-à-face avec la voiture de mon p'tit ange qui venait de sortir du travail une heure plus tôt que prévue ! Là j'ai senti que c'était vrai. Que c'était sur le point de se concrétiser !

Nous sommes donc partis pour Québec à 4 h pile ! Une météo impeccable, un camion en parfaite condition et deux billets en or pour une journée mémorable !

L'allé fut relativement de courte durée mais sachez qu'aucune limite de vitesse n'a été enfreinte durant le trajet !

En s'approchant de l'Impérial, on pouvait voir une file d'attente considérable puisqu'il était 18 heures. Plus qu'une heure avant l'ouverture des portes ! On décide de rentrer au Bistro La Casbah. Selon les consignes du service à la clientèle de la billetterie, c'est par ce restaurant que les fauteuils rouillants ont accès au Théâtre en tant que telle.

Comme par miracle, une table nous attendait à l'intérieur ! Un personnel courtois et attentionné nous a servi et l'on a pu remplir nos estomacs affamés et assoiffés. La cuvée du 400e (une bière spécialement brassée pour les fêtes du 400e de Québec) a fait la job !

Vient le temps de payer et de traverser du côté de la salle de spectacle. Malheureusement, il nous était impossible de traverser avant l'ouverture des portes au grand public. Mais après quelques minutes d'attente, un type, aussi en fauteuil rouillant avec un accompagnateur, se présente à la porte et se fait ouvrir le passage secret menant à la chambre forte devant nos yeux par la gérante du restaurant. C'est alors que j'accroche au passage notre serviable serveuse en lui demandant : « Par où passent les fauteuils rouillant pour aller à l'Impérial ? »

Gentiment elle ouvre la porte des cuisines pour aller vérifier. Elle n'était pas certaine de quelque chose je crois. Ni l'une, ni 2, je me faufile derrière elle pendant que la porte est ouverte. La seule différence entre elle et moi c'est 2 moteurs, soit environ 10 km/h (vitesse maximale que mon fauteuil peut atteindre). Me voici devant la surprise serveuse et je lui lance : « Je crois que c'est par là ! Merci beaucoup et bonne soirée ! »

Même le gardien de sécurité à la porte n'a pas eu le temps de déchirer mon billet tellement je roulais vite. C'était magique ! Une salle chaleureuse et presque déserte pour moi et mon p'tit ange Marie ! Le temps de me retourner la tête parce qu'un groupe s'échauffait sur scène : Airbourne !! MALADE !! Un moment privilégié comme si on était VIP ! La répétition habituelle du groupe principal fut retardée dû à des ennuis mécaniques à Montréal. Selon la rumeur, l'équipe technique de la tournée était à la recherche d'un soudeur dans l'après-midi parce qu'ils craignaient d'être « soudure » dans la Vieille Capitale toute la soirée. Croyez-moi, et « saoul dur » ils ont été cette soirée-là !

Le premier groupe était bon. Sound and Fury. Un mélange de punk et de rock énergique qui a fait réagir la foule à plusieurs reprises.

La deuxième partie été assurée par The Parlor Mob. Ce fut pour moi et Marie une découverte fort intéressante. J'avais l'impression d'être littéralement devant la réincarnation de Led Zepplin ! Un rock soutenu, planant et surtout captivant. Une prestation confirmait le début du retour aux sources du bon vieux rock classique de notre jeunesse. Un moment fort intense et qui n'allait pas s'arrêter là...



Vient le temps (pour nous) de revoir la tête d'affiche de cette soirée Rock'n'Roll ! De jeunes musiciens australiens visiblement inspirés par AC/DC et le blues rock des années trop rapidement passées. C'était fort. C'était bon. C'était entraînant. Une viellée qui restera pour toujours, dans mon top 5 !



Le show terminé, fallait commencer à penser retourner à la maison, les joues fatiguées d'avoir souri toute la soirée. La longue route sombre et endormante qu'est la 40 nous appelaient. Mais malheureusement, mes oreilles sillaient tellement que je ne l'ai pas entendu !

Des derniers sortis de la salle, il fallait reprendre le chemin inverse pour se rendre au restaurant. Mais je n'avais pas le goût que la fête s'arrête là. Donc, au lieu de tourner à gauche dans la cuisine, j'ai tourné à droite puis plein gaz vers l'aventure ! Marie avait peine à me suivre et me répétait que j'étais dans la mauvaise direction !

« Je sais ! Suis-moi, on va essayer de croiser les gars d'Airbourne ! »

Nous sommes arrivés sur le dock (débarcadère) de livraison du restaurant face-à-face avec les bus de tournée des groupes ! Marie s'élance avec ma caméra pour aller chercher des souvenirs dans l'étroite ruelle qui longeait le bâtiment. C'est alors qu'elle apparait avec les membres de Parlor Mob ! Incroyable ! Avec un anglais de ketchup, yes pis no, elle a réussi à les attirer vers moi. Faut dire que ses grands yeux bleus parle un langage universel, que les membres du band l'ont parfaitement compris. Yahoooo !

Quelques photos plus tard, Paul Ritchie (guitariste) reste quelques instants pour me jaser un peu. Je lui ai alors promis que jamais j'allai pirater ce groupe si prometteur ! Il s'est exclamé en riant et en me remerciant et qu'il appréciait ma décision. C'est alors qu'il me dit de ne pas bouger et qu'il allait revenir avec une surprise.

Ne pas bouger... C'était impossible ! Mon taux d'adrénaline dépassait la limite permise ! Je poursuivis donc mon aventure dans les coulisses de l'Impérial. J'allai partout. J'essayais de trouver les gars d'Airbourne ! Dans tout ce labyrinthe, je me suis retrouvé sur la scène avec les techniciens qui démontaient les équipements. Lorsque vint un gentil monsieur essayant de me faire avaler que le groupe était parti dans un bar de la ville... Ça n'a pris que 30 secondes pour le démasquer, puisque dans la salle les gardiens de sécurité m'ont confirmé qu'ils étaient tous en train de signerr des autographes dans l'entrée du Théâtre. Bien évidemment, cet endroit était inaccessible pour moi.

Après quelques instants, je vis la lumière ! Encore de la magie ! Le chanteur de Parlor Mob, Mark Melicia s'approchant de moi avec à ses côtés le chanteur d'Airbourne, Joel O'Keeffe !!! J'allai pouvoir féliciter chaque leader des groupes de leur bon travail et de l'importance de faire renaître cette musique qui nous pogne aux tripes depuis notre jeunesse. Je lui ai aussi dit que je venais de vivre un moment époustouflant dans la salle parfaite pour retransmettre leur émotion au travers ces immenses colonnes de son. Je les ai aussi sensibilisés au fait que les salles du type Centre Bell à Montréal nous empêchait d'avoir cette proximité tant appréciée. D'autant plus qu'en fauteuil roulliant, les places sont tellement loin de l'action que je ne crois plus pouvoir les voir d'aussi près. Mais bon, leur dis-je en riant, les promoteurs en ont rien à foutre de nos railleries d'handicapés ! Ils ont bien rigolés en sachant très bien que j'avais raison mais qu'ils n'y pouvait rien. Trop gros paquebot cette machine.

Rendu à ce moment de la soirée, Marie m'annonce que les batteries de la caméra photo sont mortes et qu'elle n'a pu me poser avec ces deux futures légendes. Je lui ai répondu que cet instant nous appartenait à nous seulement et qu'aucune photo ne pourrait me redonner ces frissons incroyables de cette soirée mémorable.

Un merci bien spécial à Marie-Josée d'avoir accepté de m'accompagner cette journée-là, mais aussi mes plus sincères remerciements à son Boss cool qui aurait pu couper les valves à la source ce jour-là !

Est-ce que je vous ai donné le goût de m'accompagner un de ces quatre ?







2008/01/26

500

Cette nuit j'ai rêvé au nombre 500. C'était vraiment étrange. Je voyais ce chiffre en gros et en rouge dans le haut d'un mur blanc. Je ne comprenais pas pourquoi je voyais ça. Un sentiment d'inconfort accompagnait mon interrogation. J'étais à la limite de la confusion.

Après quelques instants, le feeling du rêve laissa place à la réalité. Je n'étais pas du tout inconscient. Je regardais la projection de mon cadran numérique qui affichait 5 h 00 du matin au haut de mon mur de chambre... Mon inconfort se justifia par la douleur de mon genou droit. Quel cauchemar ! Je suis au beau milieu de la nuit, je suis dans une mauvaise posture et je n'ai personne pour me repositionner.

Pour ceux qui ne le savent pas, j'ai un handicap physique sévère qui paralyse la presque totalité de mon corps. Et j'habite seul en appartement.

5 h 05 - Je reste calme. J'essaie de me concentrer sur autre chose que mon genou. À ce moment ma douleur est 2 sur 10. C'est quand même acceptable pour envisager me rendormir et attendre mon employée vers 10 h 30.

5 h 15 - Je ne réussis pas à contrôler ma pensée. Je tente de bouger pour que ma jambe change de position mais en vain. Ma douleur est rendue à 4 sur 10. Je commence à m'inquièter et à me demander comment cette nuit va se terminer.

5 h 35 - Je suis rendu à 6 sur 10. Avec mon lit électrique, j'essaie de me bouger en montant la tête et le pied pour bouger mon oreiller sous les pieds. Lors de mon installation du coucher, une panoplie d'oreillers sont positionnés pour que je sois confortable et que je puisse dormir paisiblement. Mais probablement dû à un problème d'inflammation, la position de ma jambe m'a occasionné beaucoup de douleur. Rien à faire, je ne parviens pas à bouger suffisamment pour me permettre d'atteindre un confort minimum.

5 h 50 - 8 sur 10. Ça devient insupportable. Aucune autre position n'est possible sans l'intervention d'une personne. Avec la télécommande à distance, j'ouvre la porte de mon loyer et je porte attention au cas où j'entendrais des pas dans le couloir commun. À mon étage, se trouve une quinzaine de loyers dont certains sont supervisés par du personnel 24 heures sur 24. Je me dis alors que si quelqu'un venait qu'à passer devant ma porte, je me devais de crier pour qu'il m'entende. Le problème c'est que je n'ai pas une forte voix. Et que ma porte automatique reste ouverte environ six secondes. Alors je dois faire vite.

6 h 00 - Beaucoup trop sur 10. Plein de choses me passent par la tête. Je me vois complètement dépendant et à la mercie de la vie. La loi du plus fort venait de me plaquer solidement contre le pavé cimenté de la réalité... Ceux qui me connaissent savez très bien que je déteste appeler de l'aide et la nuit c'est encore pire. Ce n'est pas par orgueil mais plutôt par principe. J'ai choisi d'habiter loin des centres hospitaliers et de la machine que la société nous a honteusement déstructuré... Alors mon très Cher Alain, la liberté a un prix à payer...

Je commence à accepter la réalité. Je n'ai d'autres choix que d'appeler quelqu'un sur ma modeste liste d'employés.

Je choisi de rejoindre Marie-Josée. C'est étrange parce que depuis plusieurs semaines elle me demandait de lui faire un blog. Elle m'avait vu écrire sur d'autres situations de mon quotidien occasionné par d'autres personnes et elle me disait : « Tu peux toujours te défouler sur moi dans ton blog ! Ça me ferait bien plaisir que tu parles de moi ! » Et bien très chère Marie, tu n'auras pas la chance de me voir te boxer sur les petites choses que tu me fais vivre, mais plutôt sur un hommage à une femme honorable.

Nous avons tous nos moments de bonheur et nos moments plus difficiles, mais je suis très fier de voir que tu surmontes toujours tes épreuves et que tu n'abandonnes jamais.

Et bien toute cette longue nuit a pu poursuivre grâce à cet ange gardien. Les yeux petits, les plis de couverture encore estampée sur le visage, Marie-Josée a accourue pour me venir en aide. Heureusement nous avons trouvé une position qui m'a permis de me rendormir et de pouvoir récupérer jusqu'au lever.

Lorsque j'ai quitté volontairement mon milieu familial en 1994, j'ai pris le pari que je terminerai ma vie dignement, la tête haute avec quelques défaites mais surtout plein de victoires ! Eh bien ces victoires, je les dois bien souvent à des petits anges comme Marie.

J'ai beau t'avoir remercié plusieurs fois Marie, mais le plus beau merci que tu recevras sera celui que la vie te réserve ! Aie toujours confiance et chaque tempête laissera place au chaud soleil de l'espoir !

500 MERCIS MARIE-JOSÉE !!

Ma définition d'un p'tit ange:

Personne unique doté d'un sens de l'altruisme développé, de l'honnêteté et du respect de soi depuis plusieurs années. N'est pas p'tit ange qui veut. Les candidatures peuvent défiler sans avoir nécessairement l'esprit du p'tit ange. Cette philosophie n'est pas uniquement de donner du temps et de l'aide instantanément à quelqu'un qui a besoin, mais plutôt une manière de participer activement, un certain temps, au mieux-être d'une personne.

P'tits anges bénévoles recherchés!

Je suis aussi à la recherche de p'tits anges bénévoles pour faire ses exercices physiques une fois par semaine, aller au cinéma et au restaurant, faire la lecture, écrire ma vie, jouer au poker... benevole [à] ptitsanges.com !