Aucun message portant le libellé expulsion. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé expulsion. Afficher tous les messages

2014/12/12

RIP Yvan Tremblay, au nom du socialisme liberticide


Cet article est aussi publié dans le >> magazine du Mouvement Citoyen Handicap-Québec <<

Yvan Tremblay s'est récemment enlevé la vie (article ici). Je ne connaissais pas le type. Pourtant, j'ai l'impression de me voir au travers les lignes de cette triste histoire de désespoir extrême. Il vivait depuis bientôt 10 ans dans son appartement bien adapté à sa condition. Il était paralysé du cou aux pieds. Sa famille avait réussi à lui inventer des gadgets qui l'ont rapproché d'une certaine autonomie.

Depuis plusieurs mois, il était contraint de quitter son logement adapté du Domaine Vittie & Desjardins en Montérégie pour des raisons de sécurité incendie. Les administrateurs le voulaient coûte que coûte en CHSLD. Comme si ça allait lui sauver la vie...

Les normes de sécurité ayant été renforcées suite au tragique incendie de l'Îsle-Verte, le gouvernemaman se devait de brimer le droit d'une infime minorité, encore une fois. Dans la foulée de la tragédie de l'Îsle-Verte, j'avais écrit ce court texte en janvier 2014 (texte ici).



La société dans laquelle nous avons l'impression d'évoluer présentement, n'est en fait, qu'une pure et simple prise de contrôle total de tous les aspects de la vie ses citoyens. Aucune place pour la liberté, le choix, ni la responsabilité individuelle.

Avez-vous déjà été consulter le Code de construction, ce fameux Code national du bâtiment (CNB) ? C'est d'une complexité désarmante. Comme si la vie en société était un immense casse-tête et que l'Étata était en mesure de tout encadrer pour sauver des vies, à tout prix. Quelle naïveté, quel populisme...

Pour ceux qui vivent dans l'insécurité, si les centaines de lignes de texte du CNB et le travail des fonctionnaires déconnectés et des architectes rêveurs vous réconfortent, grand bien vous fasse. Pour ma part, je fais confiance en la vie, en mon autonomie. Je vis pleinement chaque journée comme si c'était la dernière page de ma biographie. Je ris et je m'ennuie, je pleure puis je souris. Je porte une grande attention à ma sécurité, je me protège du mieux que je peux selon mes connaissances et capacités. Je vis. Responsablement.

Dans une implication communautaire précédente, il y a plus de 15 ans, nous avions fait construire un bâtiment pour héberger 12 personnes lourdement handicapées. La loi obligeait déjà à installer des gicleurs partout dans l'immeuble. Plusieurs années plus tard, une personne qui siégeait toujours au conseil d'administration m'a informé que le système de gicleurs avait été débranché à cause de toutes les fuites d'eau qui avaient été mal colmatées au fil des années. Des problèmes d'infiltration d'eau et de moisissures avaient aussi été décelés. Vous imaginez le danger pour la santé ? Sans parler des contraintes de démolition et de reconstruction que ça pourrait impliquer ! Avec la philosophie du plus bas soumissionnaire, il ne faut pas rester surpris de ces résultats à moyen et à long terme.

Ultérieurement, un deuxième édifice de 12 logements pour handicapés a été construit dans mon quartier pour satisfaire les exigences du nouveau schéma de couverture de risques en sécurité incendie. Ces 12 appartements adaptés étaient préalablement regroupés aléatoirement dans un immeuble d'une centaine de logements sur cinq étages. Le coût pour l'installation de gicleurs dans ladite tour à logements en béton armé était colossal.

Ils ont donc organisé des rencontres pour affoler les résidents concernés (comme dans Activités Paranormales) pour ensuite les forcer à déménager contre leurs volontés dans un logement beaucoup plus petit, érigé d’une banale structure de bois, recouvert d’un grand toit plat et des murs intérieurs « en carton ». Comble de l'idiotie, cette nouvelle résidence a été exemptée de l'installation de gicleurs pour des raisons de superficie... Les décideurs ont dû s'imaginer qu'il est plus facile d'évacuer 12 personnes au rez-de-chaussée avec une seule intervenante la nuit, plutôt que 12 chevaliers dissipés sur plusieurs paliers dans un château de roc et de mortier...

Quelle belle façon de ghettoïser un groupe de personnes handicapées au fond d'un stationnement, tous au rez-de-chaussée, sur la bonne terre des vaches et à la merci des passants malintentionnés.

Dans toute cette histoire de détresse de Yvan, j'ai plutôt tendance à rendre responsables tous les fonctionnaires et décideurs qui lui ont sournoisement mis la corde au cou, au nom du socialisme liberticide.

Yvan, repose en paix. Nous allons poursuivre notre combat avec les armes que tu nous as laissé en héritage.



Pour faire un don/Donate now: o.ptitsanges.com/don

2010/03/08

Reportage TVA CHEM sur ma situation

J'ai récemment eu la visite de Chantale Carignan, journaliste à TVA CHEM Mauricie et son caméraman, pour faire un reportage sur ma volonté de rester en appartement malgré ma condition. Elle en a profité pour regarder certaines de mes inventions et jeter un oeil sur mes projets (JACO de Kinova, mon support à caméra, mon expulsion à venir...)



Source : TVA CHEM

Suivez toute la saga ici.





2010/03/03

Expulsion pacifique ou déresponsabilisation de l'État?

Pour faire suite à mon dernier article sur la rencontre avec une responsable de l'office municipal d'habitation (OMHTR) au sujet d'une législation interdisant l'aménagement d'appartements spécialisés pour une clientèle de personnes lourdement handicapées.

En 1997, l'OMHTR n'avait [soi-disant] pas consulté les responsables de la société d'habitation du Québec (SHQ) avant d'intégrer le projet d'hébergement communautaire à but non lucratif réparti sur plusieurs étages de la Résidence Saint-Laurent. À ce qu'il paraît, cette loi a toujours
été en place, mais jamais personne, ni à la Régie du Bâtiment, ni à la SQH n'ont jamais allumés dans la quinzaine d'années, où ils ont eux-mêmes financés les projets des gens qui y ont habité librement toutes ces années...

En d'autres mots, les gens qui émettent et font respecter les règlements sur la sécurité des bâtiments, ont financé aveuglément durant toutes ces années, la rénovation et la construction de logements adaptés pour une clientèle qui n'aurait jamais dû d'y entrer... Et aujourd'hui, comme en se réveillant d'un cauchemar, les avocats et administrateurs réagissent pour faire appliquer cette loi à la lettre, n'ayant aucune idée des répercussions sur les personnes concernées.



Deux catégories d'édifices touchent présentement mon dossier en rapport avec le code national du bâtiment 2005 (1.4.1.2) : le groupe C et le B2. Dans le premier, le code stipule « Habitation groupe C. : bâtiment ou des personnes peuvent dormir, sans y être hébergées ou internées en vue de recevoir des soins médicaux... » Le second groupe, le B2 indique : « Établissement de soins ou de détention groupe B : bâtiment abritant des personnes qui, à cause de leur état physique ou mental, nécessitant des soins ou des traitements médicaux, ou des personnes qui, à cause de mesures de sécurité hors de leur contrôle, ne peuvent se mettre à l'abri en cas de danger. » Et un peu plus loin on retrouve : « Résidence supervisée : d) assistance, soutien direct à une personne inapte physiquement ou mentalement à se mouvoir elle-même en cas d'évacuation ».

Bref, je suis un B2 dans un C... Un peu comme un chien dans un jeu quilles municipal ou provincial.

La loi étant claire, il y a peu d'options légales pour se battre et demeurer dans mon appartement actuel. Est-ce que la notion du droit acquis s'applique ? J'aimerais bien trouver un procureur pour répondre à cette question bien précise (peut-être même devant un juge).

J'ai alors demandé à la responsable qu'elles étaient les propositions que l'OMHTR avait faites ou allait faire pour ma relocalisation. Étonnamment, ils n'ont aucune unité résidentielle à offrir aux personnes dans ma condition. Même au rez-de-chaussée, le même règlement s'applique ! Tout le monde dans ma condition dehors ! En d'autres termes, nous sommes quelques-uns dans une situation précaire qui de vont devoir nous chercher (par nos propres moyens) un logement qui répondra à nos besoins. Ce qu'il y a d'inquiétant, c'est qu'il y a une pénurie de logements accessibles au privé. Le marché est grand ouvert, mais les promoteurs ne se bousculent pas aux portes pour construire des immeubles (malgré la très forte demande). Et s'il y a en aurait, le coût de location mensuelle serait au-delà de nos revenus donc, sans le programme de supplément au loyer, très peu de personnes handicapées auraient les moyens de signer un bail.

Au départ, il y a deçà environ 4 ans déjà, j'étais entré en contact avec le responsable d'un organisme qui gère un parc d'appartements adaptés en Mauricie (Centre de réadaptation InterVal). J'avais le pressentiment qu'un jour j'aurais besoin d'un plan B (B2?). Il m'avait conseillé de mettre mon nom sur une liste d'attente dans le but d'être sélectionné pour obtenir un logement équivalent dans différents secteurs de la ville de Trois-Rivières. Mais que j'avais très peu de chance d'être sélectionné parce que j'étais déjà dans un logement adapté et subventionné. Mon pointage resterait toujours trop bas par rapport à une autre personne dans un logement non accessible. J'avais donc donné mon nom, mais en ayant peu d'espoir d'être appelé. Encore une foutue liste d'attente...

Donc la demande chemine à InterVal, mais si j'ai déjà 4 ans de passé, combien en reste-t-il avant que le téléphone sonne ? L'option ultime que l'OMHTR envisage à long terme n'est nul autre que le centre d'hébergement de soins de longue durée (CHSLD). Imaginez le topo : moi, présentement dans 741 pieds carrés, déménager dans une chambre à 4 bénéficiaires avec des rideaux jaunis par la détresse et la lourdeur de la vie... Et que dire de la qualité de personnel que je perdrais au profit de militants syndicaleux malheureux comme je ne le serai jamais... J'en ai des frissons dans le dos...

Y a-t-il un généreux propriétaire de maison ou de bloc appartement dans la salle ???

J'ai l'impression d'être victime de la déresponsabilisation du rôle premier de l'OMHTR mais de façon très subtile...

L'Office municipal de Trois-Rivières a pour mission de :

  • gérer des immeubles d'habitations à loyer modique pour des personnes ou familles à faibles revenus, des personnes âgées, des personnes handicapées et des personnes ayant des troubles de santé mentale ou vivant des difficultés de nature psychosociale et des personnes victimes de violence;
  • apporter un support psychosocial et collaborer à la mise sur pied d'activités de prévention et d'entraide à la clientèle jeune ou adulte;
  • participer au développement de logement social et du logement à prix abordable sur le territoire de la ville;

Quoi ? Gérer des immeubles d'habitations à loyer modique pour des personnes handicapées... mais pas trop handicapées sinon on les retourne au secteur privé... Paradoxal n'est-ce pas ?







2010/02/22

Expulsé de mon logement ?

Depuis peu, il y aurait un règlement municipal obligeant les personnes handicapées physiquement, incapables de se transférer seul du lit au fauteuil roulant en cas d'évacuation, à être relocalisés de leur logement aux étages supérieurs. Personnellement, je vois dans cette démarche du gros bon sens, mais jusqu'où la liberté de l'individu et son choix de vie ne sont pas brimés?

Je m'explique.

J'habite au 3e d'un édifice de 9 étages, au même endroit où était située une résidence pour personnes lourdement handicapées, nécessitant toutes plus de 25 heures par semaine d'aide direct (hygiène, repas, etc.). Notre building héberge près de 130 logements (principalement des personnes âgées autonomes) et le projet de résidence offrait des services de maintien à domicile 24 heures sur 24 à 12 d'entre eux, tout réparti sur 5 étages.

J'ai quitté cette résidence il y a environ 6 ans et l'office municipal d'habitation de Trois-Rivières (OMHTR) avait accepté que je conserve mon logement indépendamment de l'organisme. La résidence est maintenant rendue dans un nouvel édifice à proximité de notre immeuble, libérant ainsi plusieurs logements très bien adaptés aux étages.

Quelqu'un m'a parlé qu'il y avait peut-être une zone grise au niveau dans la charte des droits et libertés qui pourrait me permettre de conserver mon logement. Je n'ai aucun intérêt à quitter un logement parfaitement adapté à ma condition, où je viens de passer les 11 dernières années de ma vie. J'ai actuellement un 3 et demi qui a été construit dans un ancien 4 et demi. Vous comprendrez donc que les pièces sont très grandes comparativement à un 3 et demi standards.

Mon logement actuel est d'une superficie d'environ 700 pieds carrés. C'est une grandeur parfaite pour mes besoins. Le petit logement qu'ils vont possiblement me proposer est d'environ 500 pieds carrés. Loin d'être suffisant pour faire place à mes équipements et répondre à mes besoins.

Mon tour approche.

Vendredi de cette semaine, j'ai un rendez-vous avec une dame de l'OMHTR pour une première rencontre à ce sujet. J'anticipe déjà sa proposition : un minuscule 3 et demi au rez-de-chaussée, mais dans quel secteur ? J'ai toujours du personnel qui vient travailler à pied (certains par choix, d'autres pas...) Devrais-je, en plus du stress du déménagement forcé, changer partiellement et m'adapter à du nouveau staff ?

Évidemment, l'option du déménagement n'est pas totalement écartée, mais je doute que l'OMHTR accepte de modifier un autre logement de même superficie pour moi, le coût étant d'environ 25 000 $ (il y a douze ans de cela).

Pour en revenir à la réglementation, je trouve absurde que l'on donne le choix à des témoins de Jéhovah de laisser mourir un enfant nécessitant une transfusion sanguine pour des raisons religieuses, mais que l'on impose aux gens lucides et parfaitement conscients, des décisions qu'ils leurs sont imposés...

Personnellement, j'ai pleinement confiance dans la vie, d'autant plus que mon édifice est en béton armé. Un peu comme mon moral quoi ! ;) Non, mais c'est vrai ! Comment voulez-vous passer au feu lorsque les flammes ne peuvent passer au travers du béton ? D'accord, j'avoue que la fumée peut causer beaucoup de dommages, mais quand même... Au rez-de-chaussée, quels sont les probabilités d'un vol par infraction par une fenêtre ou une porte-patio (dont je suis incapable d'ouvrir, fermer, barrer sans aide technique en passant) par un individu malintentionné qui a « spotté » l'handicapé vulnérable nouvellement emménagé ?

Un autre bel exemple d'une société matriarcale qui refuse catégoriquement de voir la fatalité dans les yeux. Comme si nous avions le pouvoir de rester en vie éternellement... Ou serait-ce un règlement municipal pour dégager la tâche de nos valeureux pompiers ?

Tout ce que je souhaite pour vendredi, c'est qu'on me demande mon opinion sur la question, même à signer une décharge en cas où une tragédie subvenait (signature qui semble impossible selon l'expérience d'une amie qui à abandonnée le combat que j'entame).





Ma définition d'un p'tit ange:

Personne unique doté d'un sens de l'altruisme développé, de l'honnêteté et du respect de soi depuis plusieurs années. N'est pas p'tit ange qui veut. Les candidatures peuvent défiler sans avoir nécessairement l'esprit du p'tit ange. Cette philosophie n'est pas uniquement de donner du temps et de l'aide instantanément à quelqu'un qui a besoin, mais plutôt une manière de participer activement, un certain temps, au mieux-être d'une personne.

P'tits anges bénévoles recherchés!

Je suis aussi à la recherche de p'tits anges bénévoles pour faire ses exercices physiques une fois par semaine, aller au cinéma et au restaurant, faire la lecture, écrire ma vie, jouer au poker... benevole [à] ptitsanges.com !